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mercredi 24 septembre 2008

Le silence de Nonaka

 Enfin, Nonaka Hiromu n'a pas bougé. L'année dernière, il a parlé d'un coup d'Etat d'Asô après la démission surprise d'Abé, et mis la barrière contre Asô. Pourquoi n'a-t-il rien fait cette fois-ci? On peut supposer plusieurs raisons.
  1. Vu que le PLD a déjà changé deux fois de premier ministre sans élections, le prochain président du PLD se voit obligé de dissoudre la chambre des représentants, dès qu'il sera élu par les membres du parti. Si par hasard les électeurs donnent la majorité au PLD dont le président est Asô, Nonaka n'aura rien à dire contre la voix du peuple.
  2. La critique monte: "le PLD ne nous dit rien et il nous cache tout". Les anciens du PLD ont bien de bonnes raisons pour empêcher Asô d'être le président du parti, mais déjà les adhérents de provinces ne comprennent plus la logique des anciens du parti. Par conséquent, Nonaka ne peut plus continuer à manipuler, même si sa volonté est bienveillante pour le peuple japonais.
  3. Nonaka est officiellement à la retraite. Il n'ose plus intervenir activement à la vie politique.
  4. Asô est trop populaire et en plus, il insiste. C'est la quatrième fois qu'il se présente aux élections du président du parti. Nonaka en a marre.
 Mais je ne peux croire que Nonaka en a marre.
 Nonaka, homme politique issu d'une famille de parias, était souvent objet de la discrimination même (ou surtout?) dans le monde politique. Asô aurait dit à son insu "On ne peut le laisser être le premier ministre du Japon, car c'est un paria" et trois députés témoignent qu'il l'a bien dit. Mais Asô l'a nié au Parlement.
 Un livre sur Nonaka fait le témoignage de son dernier mot comme un homme politique. Il a été adressé à Asô à la fin du conseil général du PLD en 2003. Il a bien affirmé que ce serait son dernier mot avant de se lancer. "Monsieur Asô, vous avez dit "On ne peut laisser un paria comme Nonaka être le premier ministre du Japon" à la réunion de votre groupe. Trois députés qui se trouvaient là me l'ont bien confirmé. Et maintenant un homme comme vous dirige les mesures politiques de notre parti, et vous serez désormais un ministre. Si c'est comme ça, il n'y a aucune possibilité d'éducation des droits de l'homme! Je ne vous pardonnerai jamais!" Et Asô ne pouvait rien répondre, il était tout rouge, la tête baissée.
 Donc, je ne pense pas que Nonaka peut en avoir assez d'Asô. Mais je soupçonne que c'est une sorte de démission, face à la marée de popularité qui favorise ce crétin.
 Une autre actualité politique qui montre l'air du temps: KÔNO Yôhei, le président actuel de la chambre des représentants a annoncé sa retraite, et il ne se présentera pas aux prochaines élections. Kôno était le seul président du PLD qui n'avait jamais été le premier ministre. Les gens d'extrême-droite le qualifient de traître, car il a reconnu l'existence des esclaves sexuelles de l'armée japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale. Kôno fuit aussi le monde politique, inerte devant la popularité d'Asô. Déjà, le premier ministre Fukuda était connu comme un sinophile, d'où il puisait une part de son impopularité. Les Japonais préfèrent Asô à la xénophobie filtrée. Chrétien, il adore les Occidentaux, mais il méprise les Asiatiques. Et peut-être que la démocratie japonaise peut priser cette sorte d'hommes politiques. Malheureusement.
 Mais Nonaka n'a pas été complètement silencieux pendant ces jours-ci. Il a donné une conférence le 20 septembre à Kobé. Il a parlé du mémorial du massacre à Nankin, et dit qu'il était important que les Japonais les plus nombreux possibles y rendent visitent pour comprendre l'histoire et approfondir l'amitié sino-japonaise. Il a raconté son rêve d'une union des pays d'Asie de l'est, avec la Chine, les deux Corées, la Russie et le Japon. Personne n'y prête attention, à moins de le persifler pour son irréalisme. En même temps, la naissance du gouvernement d'Asô semble être plutôt bien accueillie par le public.
 Le Japon vit une période très difficile qui constate la défaite de l'idéalisme devant le cynisme. Certains députés du PLD auraient qualifié le nouveau gouvernement d'Asô, fraîchement né aujourd'hui, du cabinet "Je suis le héros". Tant mieux, ce n'est pas le gouvernement "Je suis le dictateur" au moins.

samedi 6 septembre 2008

Stratégie d'Asô

 J'ai enfin compris, je crois, la stratégie d'Asô. C'est une classique: stratégie de la division. Et elle marche infailliblement. On compte déjà sept postulants à l'élection du président du PLD. Et s'il veut qu'il y ait plusieurs candidats, c'est qu'il y a une petite chance que son adversaire au deuxième tour sera un candidat mineur. Mais il doit parier sur cette moindre possibilité s'il veut être premier ministre.
 Si Yosano ou Ishiba reste au second tour, Asô ne pourra jamais gagner. Mais si par hasard un candidat pas du tout probable comme le fils à papa Ishihara ou "Call me Madame Sushi" Koïké reste pour le second vote, même ceux qui détestent Asô sont obligés de voter pour lui!
 D'ailleurs, la chance n'est peut-être pas aussi petite que cela, car Yosano le plus crédible n'appartient à aucun clan, tandis que Koïké est membre du plus grand groupe. D'ailleurs, Yosano veut augmenter la TVA et il le dit publiquement, contrairement à ceux qui ne le disent pas tout en concevant cette idée, ce qui cause une grande impopularité.

jeudi 4 septembre 2008

TSA (Tout Sauf Asô)

Je ne peux dire qu'il y ait un mouvement Tout Sauf Asô au Japon, mais certains le pensent. Mais "certains", qui est-ce? Ce sont les vieux boss du Parti Libéral-Démocrate.
Fukuda Yasuo a donné sa démission après l'entretien privé avec Asô Tarô qui n'a duré que dix minutes. Je suppose qu'il n'en pouvais plus des comportements d'Asô. Plusieurs députés qui n'étaient pas au courant de la décision de Fukuda témoignent: "Quand j'ai entendu qu'il y aurait une conférence de presse à 21h30, j'ai pensé qu'il s'agissait de Monsieur Ota...", le ministre d'agriculture qui refuse de démissionner malgré le scandale, parce qu'il se sent à l'abri grâce au soutien de son ami Asô. Il est normal et logique dans le monde politique au Japon que c'est Ota qui démissionne maintenant, mais peut-être qu'Asô a refusé de l'exhorter pendant cet entretien secret avec Fukuda... On pourrait bien dire que la mission des journalistes n'est pas de donner des hypothèses, mais je me sens perplexe devant cette absence totale des mentions sur Monsieur Ota après la démission de Fukuda.
Dès la démission, Fukuda a donné la condition pour l'élection du prochain président du PLD, comme le parti qu'il a pris avec Asô. Il faut qu'il y ait quatre candidats au moins. Cela m'a fait sourire. Quatre candidats? Est-ce parce qu'Asô ne pourra gagner que 30% au plus au sein du PLD? Il n'y a pas de second vote, et si c'est les vieux boss qui agissent comme d'habitude, Asô n'a aucune chance de gagner. Sa seule chance, c'est le vote des membres du parti. S'il fait face à un seul candidat, il ne pourra jamais être le président du parti, malgré sa popularité dans le sondage.
J'ai déjà donné la raison première pourquoi Asô est détesté et détestable. C'est un raciste, et il a dit que NONAKA Hiromu ne pourrait jamais être premier ministre parce que c'était un paria (le racisme ancestral concernant une sorte de castes). En effet, il avait raison, Nonaka ne l'a jamais été, mais c'est lui qui tient les rênes du PLD tout en restant derrière la scène politique. Il est officiellement en retraite, mais il n'est pas possible qu'il laisse Asô devenir le président du PLD, qui sera automatiquement le premier ministre.
Je ne crois pas qu'Asô n'est pas conscient de tout cela. Donc, je commence à imaginer plutôt qu'il a donné la condition de quatre candidats afin de perdre l'élection tout en sauvant la face, car il l'a déjà perdue plusieurs fois. Et surtout, afin de ne pas donner l'impression que la politique intérieure du PLD n'est pas transparente aux yeux du peuple. Yosano a pris la décision d'être candidat, alors il n'y a plus d'espoir pour Asô, bien que Yosano a un grand problème de santé. J'espère que ce sera lui, parce que je suis bien TSA. D'ailleurs, Yosano est le seul parmi les quatre qui sache que les politiques n'ont pas besoin d'être drôles... Mais bon, il faut qu'on fasse attention, car enfin, la direction du parti ne peut contrôler le vote des membres. En tout cas, Fukuda a bien choisi le temps, car si par hasard monsieur la catastrophe Asô est élu, il ne pourra rester premier ministre pendant longtemps, à moins qu'il n'organise un coup d'Etat.
Je ne suis pas du tout spécialiste de la politique, je ne suis qu'un observateur bien amateur, mais je me demande pourquoi le média japonais ne cesse de répéter qu'Asô le bien-aimé du peuple sera le prochain premier ministre. Les journalistes sont incroyablement silencieux sur son racisme entre autres. Sont-ils vraiment malhonnêtes ou crétins? Ou bien veulent-ils vraiment qu'Asô soit le premier ministre?
Il est temps que le média français arrête de répéter ce que les Japonais écrivent. Les journalistes envoyés à Tokyo doivent faire leur travail, car dans l'état actuel, ils pourraient bien écrire ce qu'ils écrivent tout en restant à Paris! Mais bon, vu que la politique japonaise n'intéresse presque personne, on n'a pas besoin d'analyse... Enfin dans ce cas-là, je peux toujours dire qu'il est inutile que la presse française envoie des reporters au Japon. Hein? Sont-ils là seulement pour parler des gadgets japonais?

P.S. Je me corrige. Il n'y a pas eu de second vote depuis 1970, mais si aucun candidat n'atteint la majorité, il faut qu'on revote pour les deux meilleurs du premier vote. Donc, la chance qu'Asô gagne est le minimum (selon moi), et je dois conclure qu'il n'est vraiment pas fin pour convoiter le poste de premier ministre pour une quatrième fois malgré le peu de possibilité de se faire élire.

mercredi 27 août 2008

Solidarité des connards

 ÔTA Seiichi est l'actuel ministre d'agriculture. Il a fait une fausse déclaration, en faisant du logement de son secrétaire son bureau d'élections. Il a déclaré 10 millions de yens (environ 60,000 euros) pour la gestion pour un an, bien qu'il ne coûtait rien. Pourtant, il affirme que tout était correct.
 Ôta est le roi des gaffes. Il était déjà dans un mini scandale depuis sa nomination récente. Dans une émission télé, il a dit qu'il fallait bien surveiller le contrôle de la sécurité des alimentations, parce que les consommateurs japonais font toujours du tapage (yakamashii). Les associations des consommateurs ne sont pas du tout contentes bien sûr. Elles lui ont demandé une excuse, mais il ne l'a pas faite. Le secrétaire général du PLD, Asô le raciste est venu au secours. Ils sont de la même région, et ce sont de bons amis. Asô le mangamania dit: "Dans notre région, le mot yakamashii veut dire "connaisseur", donc le ministre voulait dire que les consommateurs japonais sont connaisseurs." Ce n'est bien sûr qu'un sophisme, et des linguistes affirment que ce mot ne voulait pas dire "connaisseur" dans le contexte.
 La gaffe d'Ôta la plus connue et complètement inadmissible et consternante est celle-ci. Il y a cinq ans, le média parlait beaucoup d'une affaire de la "tournante" des étudiants de l'Université Waséda, université privilégiée au Japon. Ôta a dit dans un débat qui avait lieu dans une école maternelle: "Le viol collectif est encore passable, car ces jeunes ont l'énergie pour cela au moins". Il faisait ainsi allusion aux jeunes actuels qui ont l'air inertes à ses yeux. Ces mots ont fait éclater de rire l'ancien premier ministre Mori qui était là, et la réunion a fini dans une ambiance bon enfant comme cela convenait à l'école maternelle. (C'est ce qu'on rapporte...) D'ailleurs, Mori a fait la gaffe du siècle quand il était le premier ministre : "Le Japon est le pays des dieux dont le centre est l'empereur." Il reste l'homme le plus influent du monde politique malgré tout. Ôta qui a perdu son siège au Parlement en 2003 l'a repris dans deux ans. L'amnésie collective des Japonais est tout à fait efficace. La politique est faite de 90 pour cent d'inepties et 10 pour cent d'inerties au Japon.
On peut mettre de côté la populace oublieuse qui est la gage de la démocratie japonaise. (Je suis désolé de le dire...) Mais pourquoi le premier ministre actuel Fukuda a-t-il nommé Ôta ministre? Fukuda impopulaire voulait qu'Asô le populiste populaire accepte le poste du secrétaire général du parti. Et une rumeur dit que le poste de ministre pour son meilleur ami Ôta était la condition qu'Asô a obligée.
Si Ôta a l'air bien tranquille maintenant face à un scandale qui mènerait forcément à sa démission, c'est probablement grâce au soutien de Monsieur Asô. D'ailleurs, il y a eu quatre ministres d'agriculture en moins d'un an, tous chassés du poste à cause du même problème, dont un a préféré se suicider plutôt que de démissionner. Mais Ôta a bien tort de surestimer l'amitié avec ce fourbe, à mon avis. Il n'est pas conscient de ce que son ami lui a confié le poste maudit. Ce n'est pas une malédition surnaturelle. J'ai une hypothèse concernant la raison pour laquelle le ministre d'agriculture est systématiquement mis en cause par le média depuis quelques temps, mais je ne la dirai pas maintenant.
Et pendant ce temps-là, on dit qu'OZAWA Ichirô le clown sera le chef du plus grand parti d'opposition Parti Démocratique du Japon, trois fois consécutives sans élection.

mardi 5 août 2008

Asô le Connard



L'article n'est pas trop clair. Le nouveau secrétaire général du PLD Asô a dit : "En effet, il y a une possibilité qu'on confie le pouvoir au Parti Démocrate du Japon. Pourquoi pas? Mais c'est ainsi que les Nazis ont accédé au pouvoir. On s'est dit: Pourquoi pas?"
Si Asô est aimé des gens, c'est tout simplement qu'il dit qu'il apprécie les mangas pour les jeunes. Il n'y a aucune autre raison. Vous savez que les Japonais sont un peuple hautement apolitique. Quant à la gaffe pour les Alzheimers, il a dit: "Les mesures de notre parti sont très claires. Même les Alzheimers peuvent les comprendre." C'est un rigolo franchouillard, mais il est pas gaullois comme moi. Bien sûr qu'il répète des propos sexistes, mais les Japonais s'en foutent.
Mais sa "gaffe" la plus inacceptable est celle-ci. Il y a une discrimination ancestrale concernant les "castes" au Japon. NONAKA Hiromu, homme politique puissant désormais en retraite était issu d'un "quartier du paria". Asô a osé dire que Nonaka ne pourrait jamais être premier ministre, car c'est un paria.
En effet, Nonaka n'a jamais été premier ministre, mais il reste un boss influent du PLD. Quoi que le média complaisant et idiotissime dise, je ne pense pas qu'Asô sera le premier ministre prochain, pendant que Nonaka est vivant. Les journaliste japonais pronostiqueraient bien que Jean-Marie Bigard serait le prochain président de la république française.

jeudi 21 février 2008

Kunio intraduisible

Hatoyama Kunio, le ministre de la justice particulièrement injuste, alias la honte du Japon à l'aube du troisième millénaire, a encore fait des bêtises. Il faut qu'on lui donne une bonne fessée!
En 2003, treize personne ont été arrêtées à la ville de Shibushi dans le département de Kagoshima à l'extrême sud du Japon (Kyushu), pour l'achat des votes. Mais il s'est avéré que l'affaire avait été une pure fabrication de la police, qui avait mis en garde à vue certains suspects pendant plus d'un an! :-o
Cette affaire est connue de la façon bien singulière de l'"investigation" de la police de Kagoshima. Le flic a écrit sur une feuille des phrases comme "Papy, je veux que tu redevienne honnête" avec le nom du petit-fils du suspect par exemple. Le policier a pris les pieds de l'accusé à la main, et il lui a forcé d'écraser le papier. Les journalistes n'en parlent pas plus, mais je crois que ce geste voulait dire: "Vois ce que tu fais! Tu écrases les sentiments de ta famille!".
Pour mieux comprendre le caractère ignoble de cette affaire, il faut un peu connaître l'histoire de Japon. Au seizième siècle, les Portugais et les Espagnols ont divisé le monde en deux, et la ligne passait exactement sur l'île de Honshu. J'habite au nord-est du Japon, qui aurait été territoire virtuellement espagnol, mais le sud-ouest du pays appartenait aux Portugais. Vous pouvez facilement imaginer que les Espagnols ne sont jamais venus à ma région, car il aurait été difficile de venir au Japon en passant par l'Amérique. L'équipe de Magellan, portugais tout de même, a failli faire ce parcours, mais ils sont allés plutôt aux Philippines.
Par contre, l'île de Kyushu a été la région qui connaissait un bon nombre de visites des Portugais. C'est la seule région où certains nombres de Japonais ont été christianisés à l'époque. Mais dès le dix-septième siècle, le shogunat de Tokugawa a fermé les frontières du pays pour exclure les étrangers, et le christianisme a été interdit. Les saints du Japon sont ceux qui ont été martyrisés à cette période de l'histoire. Et pour prouver qu'ils n'étaient pas chrétiens, les habitants de cette région devaient écraser l'image de la sainte famille. Ceux qui n'y arrivaient pas ont été tués. Cette affaire de Shibushi a fait rappeler aux gens de la région cette histoire sanglante.
Et Kunio a dit par rapport à cette affaire: "A mon avis, il ne s'agit pas d'une fausse accusation pour l'affaire de Shibushi", ce qui a indigné les concernés. Forcément. Il a expliqué son propos. "Pour moi, une 'fausse accusation' est un cas où le concerné est faussement condamné. Dans cette affaire, ils n'ont pas été jugés coupables. Donc, ce n'est pas une 'fausse accusation' pour moi." D'accord. En fait, même si ce mot japonais enzaï est généralement traduit comme "fausse accusation" et que presque tous les Japonais comprennent le mot dans ce sens, il a donné sa version comme un légiste. C'est acceptable à la rigueur, même s'il oublie probablement que certains ont passé un an dans la prison sous le nom de garde à vue.
Mais dès le lendemain, il ajoute des choses pas du tout nécessaires. Il a dit: "Ce mot enzaï n'a pas de définition..." Mais qu'est-ce que c'est que ça? Alors, pourquoi a-t-il dit que l'affaire de Shibushi n'était pas un cas d'enzaï? Ca n'a aucun sens!
On lui a posé la question sur cette affaire au parlement, à laquelle il a répondu: "J'ai compris. Je n'utiliserai plus ce mot!" Tout comme un enfant. C'est dommage qu'on ne lui ait pas reposé cette question: "Alors comment faites-vous s'il y a vraiment affaire de fausse accusation?"
Et le plus grand parti d'opposition, le Parti Démocrate du Japon, ne lui demande pas sa démission. Est-ce parce que Kunio est le frère chéri de Hatoyama Yukio, un des chefs triangulaires de ce parti?

Article précédent: Kunio - internautes racistes au Japon

vendredi 28 décembre 2007

L'origine de l'empire du Japon (suite)

Depuis que le prince Shotoku a adopté le bouddhisme comme la religion d'Etat, le Japon a connu une floresence de la culture bouddhiste surtout à Nara. Le premier chef religieux à qui on peut attribuer le titre d'empereur est Monmu (règne 696-707). Nara fut la capitale pendant le huitième siècle, avant de transférer à Kyoto. Et Murakami (r.946-967) était le dernier chef religieux qui ait eu le titre de l'empereur (tenno) après sa mort pendant 900 ans. Les chefs religieux suivants n'avaient qu'un titre bouddhiste comme les autres en tant que personnes décédées.
Celui qui s'est fait donner cette appellation archaïque au dix-neuvième s'appelle Kokaku (r.1779-1817, mort en 1840). Il a succédé à Gomomozono, mort à l'âge de 22 ans. La famille de chef religieux n'avait plus d'enfants mâles, et la mère de Gomomozono, Gosakuramachi est la dernière femme dotée de pouvoir religieux en date.
Cependant, Araï Hakuseki (1657-1725), savant et politique, avait fondé une branche de famille impériale pour prévenir cette situation. Kokaku est un arrière-petit-fils du chef religieux Higashiyama (r.1687-1709). Kokaku a voulu fortifier le statut de sa famille, et il a fait ressusciter beaucoup de "traditions" disparues au haut moyen âge. Et il a choisi le shintoïsme comme sa première religion.
Il faut comprendre le contexte historique. Le dix-huitième siècle a connu un renouveau nationaliste, et il y avait des érudits comme Kamo-no Mabuchi (1697-1769) et Motoori Norinaga (1730-1801), qui avaient découvert la mythologie japonaise avant la rencontre avec la civilisation chinoise. Même si le Japon avait fermé ses frontières depuis le début du 17e siècle pour se mettre à l'abri de la christianisation par les Européens, les Japonais admiraient la Chine sans conditions comme le modèle de la culture, et ils ne croyaient pas qu'il y avait eu des corpus de leurs propres mythes avant la rencontre avec le continent. Mais ces savants "nationalistes" ont voulu démontrer que les Japonais avaient bien leur propre culture. Ces hommes de lettres "nationalistes" ont fait quelque chose qui me feraient penser à la fois à Martin Luther et à Nietzsche, et j'ai bien du respect pour eux.
Mais c'est Kokaku, issu d'une nouvelle branche de la famille de chef religieux, qui a pleinement profité de cette redécouverte par les érudits. Ses ancêtres s'étaient contentés de se donner le titre de bouddhiste après leur mort comme tous les communs pendant 900 ans, mais il a voulu récupérer le titre éminent de l'empereur (tenno). Il existe des senryu (petits poèmes satiriques ayant la même forme que le haïku) de l'époque qui s'étonnent de la réapparition inattendue de cette appellation désuète.
Auparavant, le shintoïsme était une croyance populaire accessoire du bouddhisme, mais Kokaku a renversé l'ordre. Désormais, c'est cet animisme qui est la première religion d'Etat. Kokaku a pu le faire grâce aux études méticuleuses des savants nationalistes (des "humanistes" au Japon?). Le shogunat de Tokugawa qui gardait le pouvoir depuis le début du 17e siècle s'affaiblissait à cause de famines répétées et de demandes des Occidentaux. pour une ouverture des frontières. Et le peuple déçu par le shogunat en appelait de plus en plus au nouvel empereur qui a choisi le shintoïsme. Il ne faut pas oublier que la religion de ces guerriers était le bouddhisme du courant zen.
C'est à l'occasion de sa mort en 1840 que Kokaku a eu le titre de l'empereur. Et l'an 1854 connaît l'ouverture des frontières. La "restitution" du pouvoir politique au chef religieux, désormais appelé l'empereur (tenno) sans surprendre personne, a été faite en 1867, après presque 700 ans de règne de samouraïs. L'empereur Meiji, qui s'est fait déclarer chef d'Etat, est l'arrière-petit-fils de Kokaku. C'est pour préparer son règne qu'on a fait clairement séparer le bouddhisme et le shintoïsme. (Les religieux shintoïstes vivaient souvent aux temples bouddhistes jusqu'en 1867.) Mais son règne était plutôt tempéré. C'est sous le règne de Showa, connu sous le nom de Hirohito, qu'est arrivée la folie.
Akihito, l'empereur actuel, est le septième empereur de la dynastie au plus, qui n'est nullement la plus ancienne du monde, mais une des plus récentes. Plus sérieusement, il n'est que le quatrième empereur depuis la "restitution".
Vous ne devez pas reprocher aux Japonais que vous connaissez s'ils n'ont jamais entendu parler de Kokaku. C'est ce qu'on apprend jamais aux écoles...

L'article précédent: L'origine de l'empire du Japon

lundi 17 décembre 2007

Depuis quand le Japon existe-t-il?

Les gouvernements des pays asiatiques, qui ont été victimes de l'expansionnisme du Grand Empire du Japon à la première moitié du vingtième siècle, critiquent souvent les dirigeants japonais, en disant que ceux-ci refusent de reconnaître leurs atrocités pendant la guerre. Mais je dois dire que ce sont plutôt les Japonais qui seraient la première victime de cette attitude du gouvernement japonais, car ils sont obligés de rester dans l'ignorance de leur propre histoire. Le gouvernement impérial de la seconde moitié du dix-neuvième siècle a fabriqué une histoire pleine de mensonges, et on n'a pas rétabli la vraie histoire du Japon, même maintenant, pour les manuels d'histoire qu'on utilise aux écoles.
Première question importante. Depuis quand le Japon existe-t-il? La réponse est simple et assez claire. On peut dire que le pays du Japon n'existe que depuis 702 après Jésus-Christ. Non, ce n'est pas un pays tellement ancien. Mais qui connaît cette réponse? Demandez à un Japonais, si vous en connaissez un. Je parie qu'il ne la connaît pas. Au pire, il vous répondra que le Japon existe depuis la nuit des temps. S'il vous dit que ce nom puise son origine dans la lettre du prince Shotoku datant de 607, je peux vous dire que vous connaissez un bon Japonais. Mais le règne de ce prince se situe au berceau du pays. Il faut attendre encore presque cent ans pour que le pays porte diplomatiquement le nom du Japon (Nihon ou Nippon en japonais).
L'an 702 est la date où le gouvernement japonais a envoyé un messager auprès de l'impératrice chinoise Wu Zetian, avec une épître qui portait le nom du Japon dans laquelle il est précisé qu'il est dominé par l'empereur, appelé le roi auparavant. C'est avec cette lettre que le gouvernement japonais a déclaré auprès de la Chine que c'était désormais un empire appelé le Japon dont le nom avait été Yamato jusque là. Et puis, on a interrompu l'utilisation du titre d'empereur depuis la fin du dixième siècle jusqu'au milieu du dix-neuvième siècle, parce que tous ceux appelés empereurs par l'histoire révisionniste étaient plus bouddhistes que shintoïstes pendant ces 900 ans. L'empereur moderne qui n'existe que depuis 150 ans est représenté comme le chef du shintoïsme. C'est pour cela que les gens ont inventé le mensonge qui prétendait que tous les chefs religieux au Japon étaient plus shintoïstes que bouddhistes. (En réalité, ces deux religions n'étaient pas clairement séparées jusqu'en 1868, le début du règne de l'empereur Meiji, autrement appelé Mutsuhito.)
Les Japonais ont presque inventé le révisionnisme. Dès la seconde moitié du dix-neuvième siècle, ils ont fabriqué une histoire du peuple japonais dont le seul centre est l'empereur depuis la fondation du monde. Mais ce ne sont que des mensonges qui ne pourraient tromper personne normalement. Il est curieux que même les Occidentaux nipponophiles y croient sans se poser trop de questions!
D'ailleurs, les Japonais ne connaissent même pas la date d'armistice de la guerre du Pacifique qui commence par l'attaque de Pearl Harbor. La date exacte est le 2 septembre 1945, mais on croit généralement que l'anniversaire de la fin de guerre est le 15 août. Mais ce n'est que le jour où l'empereur est apparu pour la première fois à la radio pour ordonner à ses sujets d'arrêter la guerre. La fin de guerre doit être un accord entre les pays, mais les Japonais ne le savent même pas.

P.S. Les études récentes veulent prouver que le prince Shotoku n'a jamais existé. Il sera probablement un personnage fictif (qui serait un autre nom donné à Soga-no Umako par hasard) dans quelques années.

L'article précédent: Drapeau et hymne japonais (suite)
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vendredi 14 décembre 2007

L'anniversaire du massacre de Nankin

Le 13 décembre était le 70e anniversaire du massacre à Nankin par l'armée japonaise. On aurait le droit de le comparer aux atrocités des nazis, mais je dois préciser qu'il existe une différence importante que ce massacre n'a pas été une tuerie froide par les fonctionnaires sous l'ordre de l'Etat. Par contre, ce fut un dérapage du grand nombre de soldats excités. On peut toujours supposer que ce dérapage a été cautionné par le gouvernement japonais, mais on ne peut pas les confondre au fond. Ce sont deux phénomènes distincts du fascisme du vingtième siècle. D'ailleurs, les Chinois qui vivaient dans leur pays envahi par les Japonais et les Allemands d'origine juive n'ont pas le même statut historico-sociologique. En tout cas, ça ne change pas grand'chose pour les personnes inhumainement violées et tuées.
Le Japon est un pays où les négationnistes n'ont pas besoin d'avoir honte. Il y aurait des Français qui nous envieraient. Le média ne parle presque pas ici au Japon de cette atrocité perpétrée par nous-mêmes. Je cite des articles sur cet anniversaire (en anglais).
Reevaluating the Rape of Nanjing
China recalls war massacre with sirens
China marks 70th anniversary of Nanking Massacre

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mardi 11 décembre 2007

Kunio - Internautes racistes au Japon

Le ministre de la Justice Kunio Hatoyama a fait exécuter trois condamnés à mort. Mais quelle est sa motivation? Depuis le début du nouveau gouvernement de Fukuda au mois de septembre, il disait qu'il voulait l'exécution "automatique" comme le tapis roulant. Je ne sais si cette comparaison est de lui-même ou de journalistes. Il ne voulait surtout pas signer le papier, alors que la signature du garde des sceaux est obligatoire pour l'exécution actuellement. Tout le monde a supposé que c'était à cause de sa lâcheté, sans le dire publiquement. Pour être journalistes politiques, il faut être ami-ami avec les politiciens au Japon. Ils sont trop polis pour dire ce qu'ils pensent. Ce ministre au petit coeur voulait montrer qu'il n'était pas lâche par ces exécutions. Oui, j'admets qu'il n'est pas lâche. C'est un homme ignoble et infâme pour avoir donné la mort pour son petit amour-propre.

Un site aux news qui s'appelle "News stupides" publie un article: En Corée du Sud, des ordinateurs des personnes qui ont téléchargé des logiciels de jeux Nintendo par le site P2P ont été contaminés par le virus. Certains parmi eux soupçonnent que c'est Nintendo qui l'y a mis exprès. Qu'est-ce que vous en pensez? Pour moi, leur réaction est compréhensible, tout en admettant que le téléchargement illégal n'est pas vraiment recommandé. Et quels sont les commentaires des internautes? Je ne pense pas que ce site soit un site particulièrement raciste, mais je pensais que c'était un site "fun". Son hôte de service "2ch" n'a pas bonne réputation, son patron est connu de ne jamais payer l'amende pour les incitations aux crimes par des internautes sur ses sites, mais le service a toujours une haute popularité. Et il est curieux que ce chef de service attire sur lui l'adulation des gens de l'informatique...
J'ai vu tous les commentaires qui ne sont pas moins nombreux que 500 pour ce fait divers. Et 100 pour cent, je répète, 100 pour cent des commentaires étaient de caractère plus ou moins raciste envers les Coréens. (Moi, je n'ai pas ajouté de commentaire, et je crois qu'il y a pas mal de gens comme moi.) "Les Coréen n'ont pas de cerveau." "Nintendo a eu tort d'avoir mis les pieds en Corée." "On ne doit pas vendre les produits japonais aux Coréens." "Je regrette pour Nintendo. Il fallait qu'ils prennent garde des Coréens." C'est carrément incroyable. Je sais que le racisme envers les Coréens est bien ancré dans la mentalité de certains Japonais, mais c'est trop. Cela n'a rien à voir avec l'adversité entre la France et l'Angleterre. Beaucoup pire que le racisme de certains Français envers les Maghrébins. Il est vrai que les Japonais ordinaires ne soient pas vraiment conscients que le racisme est honteux.
Je me souviens que certains de mes amis commençaient à dire qu'il ne fallait pas fréquenter un ami quand j'avais dix ans. Je ne savais pas pourquoi, et d'ailleurs je ne le voyais plus cause embrouilles d'enfants. Il m'a fallu plusieurs années pour comprendre que son patronyme soit d'origine coréenne. Les Japonais croient que les enfants sont ingénus et qu'ils disent la vérité. C'est le comble du ridicule pour moi, mais ce sont les enfants qui prononcent les allocutions aux cérémonies d'anniversaires des bombes atomiques ou de la bataille d'Okinawa. Mais en réalité, les enfants sont méchants et stupides comme ça.
Mais je précise que ce racisme envers les Coréens est beaucoup plus grave dans l'Ouest du Japon que dans ma région du Nord, où ce racisme est le moins senti dans le pays. Je pense que c'est parce que c'est une province délaissée par le développement économique après la Deuxième Guerre mondiale, pays des laissés-pour-compte. En plus, elle restait indépendante de facto du pouvoir central pendant très longtemps, probablement jusqu'à la fin du seizième siècle.
Tokyo a connu un grand séisme en 1923, et une rumeur s'est fait répandre que c'étaient les Coréens qui ont mis le feu pour aggraver la situation. Les autosurveillants ont commencé à faire le lynchage des Coréens. Ils ont demandé aux passagers de prononcer une phrase en japonais au hasard, et tué les gens avec l'accent coréen. Les gens de ma région ont été victimes de cette infamie, car notre accent ressemble à ceux des Coréens.
Mais en tout cas, je suis content que ma région Aomori est citée dans des brochures de certaines agences de voyage en Corée, comme un des dix meilleurs sites touristiques au monde. Je ne pense pas qu'ils connaissent cet épisode tragique dans l'histoire, on dit qu'ils apprécient seulement la nature de ma région, mais qu'importe. Il n'y a qu'eux qui aiment ma région, car le nom d'Aomori n'est qu'un objet de moquerie pour les Japonais, puisque c'est la région la plus pauvre au Japon. Ah, oui, c'est la mentalité des Japonais.

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samedi 8 décembre 2007

Drapeau et hymne japonais (suite)

J'ai été choqué par un jeu télévisé une fois en France. On demandait aux invités de citer les drapeaux avec une ou des étoiles. Quelqu'un a mentionné le drapeau japonais, mais on lui a refusé cette réponse en disant que le rond sur ce drapeau est rouge, alors que le soleil est jaune. Mais le soleil est bien rouge au Japon. Il ne faut pas imposer la culture occidentale aux autres. Par exemple, les feuilles sont "bleues" en japonais. La ville que j'habite s'appelle Aomori, qui veut dire la forêt bleue.
Sinon, je n'aime pas du tout ce drapeau japonais dont l'origine est assez ambiguë. Les Français croient que l'appellation l'Empire du Soleil Levant est poétique, mais en réalité, c'est un nom arrogant pour les Japonais. Vers la fin du sixième siècle, le prince Shotoku, le personnage fétiche de Monsieur Chirac, a envoyé une lettre à l'empereur chinois, qui commence par ces mots: "Du prince du pays au soleil levant au prince du pays au soleil couchant. Salut." C'est cette épître qui a déclaré l'indépendance du Japon par rapport à la Chine.
Le nom du pays du Japon a l'origine chinoise. En mandarin contemporain, le nom est Ripen, mais la prononciation du r chinois est assez proche du j. Le Japon, Nihon ou Nippon en japonais, est un nom diplomatique. L'ancien nom à l'intérieur du pays était auparavant Yamato, qui correspondrait un peu à la Gaule en France. Ce nom du Japon veut dire l'endroit où se lève le soleil. Mais un peu de réflexions évoquent le doute. Pour les Japonais, le soleil se lève-t-il dans leur pays? Mais bien sûr que non. Donc ce nom a été fait du point de vue des Chinois. On peut dire que ce drapeau avec le soleil rouge garde le complexe des Japonais envers les Chinois.
Certains Japonais qui continuent à vivre dans l'idéologie fasciste aiment dire que le Japon existe depuis la nuit des temps, mais en réalité, ce nom a été officiellement utilisé pour la première fois en 702 après Jésus-Christ, cent ans après la lettre du prince Shotoku. C'est également le début de l'empire, mais pas avant, car c'est à cette année que l'on a donné le nom de l'empereur au prince. Eh oui, le Japon n'est pas un pays tellement ancien...
Ensuite, quant à l'hymne Kimigayo (Ton règne), l'origine de la parole est beaucoup plus obscure.
Le texte est très court: "Que ton règne dure mille générations, huit mille générations, jusqu'à ce que les cailloux sur la plage forment une roche et que la mousse pousse dessus." L'interprétation du titre est assez difficile. Veut-il dire vraiment "Ton règne" ou "Le règne du prince"? Le "tu" et le "prince" sont homonymes en japonais. D'où vient ce texte d'ailleurs?
Apparemment, l'origine n'est pas tellement noble. Une hypothèse dit que c'était la parole d'une chanson des geishas. Donc, il ne s'agit pas forcément du prince, mais elles la chantaient pour leurs clients qui étaient souvent des commerçants riches. "Que tes commerces marchent aussi bien mille générations après..." Alors là, je n'aurais plus besoin de détester cet hymne que je croyais impérialiste...
Mais en tout cas, si vous connaissez des Japonais, il faut bien faire attention à leur idéologie. Ils gardent assez souvent l'idéologie d'histoire d'avant-guerre vraiment fantaisiste, à cause de l'éducation. C'est pour cela que je dis que le Japon est un pays du tiers monde dont un trait caractéristique est l'ignorance du peuple sur sa propre histoire.
P.S. J'ai mis un gadget de Google "Le saviez-vous" sur la page de mon iGoogle. Il y avait un article qui disait: "Saviez-vous que les geishas n'étaient pas des prostituées au Japon auparavant?" Je sais bien que les geishas ne l'ont jamais été... Le mot déjà désuet en français "mousmé" veut dire simplement "fille". Il n'y a aucune nuance suspecte en japonais.

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jeudi 6 décembre 2007

Drapeau et hymne japonais

Peut-être que vous ne le saviez pas, mais les drapeau et hymne japonais que vous connaissez ne sont officiels que depuis 1999. On continuait à les présenter aux compétitions sportives comme les JO, mais ce n'était que des conventions. Mais les conventions officieuses peuvent être obligatoires de facto au Japon où la sensibilité démocratique n'est pas bien développée.
S'ils n'ont pas été officialisés depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale jusqu'à la fin du vingtième siècle, il y avait bien une raison. Le drapeau montre le soleil, le symbole de l'indépendance de l'empire du Japon par rapport à l'empire de Chine, et l'hymne est intitulé "Ton règne", où il est question du règne de l'empereur. Ils étaient de l'usage depuis la fin du dix-neuvième siècle, et ils portaient le traumatisme de la période de guerre pour les Japonais. Certains voulaient de nouveaux hymne et drapeau officiels, mais personne n'a osé les créer dans la situation où on continuait à les utiliser comme les symboles du pays. En plus, il y a des substituts officieux de la police, mafieux qu'on appelle yakuzas, qui n'hésitent pas à punir les traîtres d'Etat qui haïssent l'empereur, au lieu du pouvoir officiel. D'ailleurs, on a tendance à oublier le passé qu'on ne veut plus revoir, et les gens de droite ont besoin des symboles de la nation.
C'est un phénomène inconcevable en France, mais le ministère de l'éducation nationale a voulu depuis le début des années 1980 que ces drapeau et hymne nationaux d'avant-guerre, désormais nullement officiels, soient présents aux cérémonies dans toutes les écoles. Le syndicat des professeurs traditionnellement communiste, a levé la voix contre cette mesure absurde et extravagante.
Et puis au mois de mars 1999, un proviseur de lycée à Hiroshima s'est suicidé le matin de la cérémonie de la fin de l'année scolaire, où certains profs ne voulaient ni voir le drapeau sur la scène ni chanter l'hymne. On croit qu'il a été déchiré entre le sentiment nationaliste des parents et la demade orthodoxe de profs.
Après cet incident tragique, le parti libéral-démocrate éternellement au pouvoir a eu l'amabilité de diminuer la peine psychologique de proviseurs, et il a enfin officialisé le drapeau blanc et rouge et l'hymne national le plus lugubre du monde. Et je fais partie de 8 pour cent de la population japonaise qui n'aiment pas ces drapeau et hymne d'avant-guerre. C'est carrément étonnant de constater à quel point les Japonais actuels portent la mentalité nationaliste. (à suivre)

jeudi 15 novembre 2007

Le Tambour

Les politiciens idiots ne manquent pas au Japon. Le plus grave est ISHIHARA Shintaro, le gouverneur de Tokyo. HATOYAMA Kunio doit être le numéro 2 actuel Shintaro est une sorte de Le Pen japonais, qui a été souvent critiqué par l'Unesco pour ses propos racistes. Il est très doué pour choses absconses.
Il a une fois dit que la langue française n'avait pas le droit d'être rangée comme une langue internationale, parce que les Français ne savent pas compter. Il parle du système numéral comme soixante-dix ou quatre-vingts On a seulement compris qu'il avait échoué dans ses études en français dès la première leçon.
Shintaro était un romancier qui avait fait un seul best-seller dans les années cinquante, et il a profité de la popularité de son frère qui était une star de cinéma pour se faire élire comme un député en 1968. Mais il se prend pour un grand romancier, je ne sais pourquoi. Et une fois élu gouverneur de Tokyo en 1999, il a voulu abolir la fac de lettres de l'université de la ville de Tokyo, prétendant que les lettres ne faisaient pas gagner de l'argent. (Il ne faut pas comprendre ce qu'il veut dire. Il n'y a pas de sens là-dedans.) Et il est maintenant occupé à écrire son roman ultime, et il ne se rend pas fréquemment à son bureau...
Son dernier pfff: La semaine dernière, il a lancé à un journaliste: "Avez-vous lu le roman de Gunter Sachs, Le Tambour?" Euh... je pense que c'est un ex de Brigitte Bardot... Et la télé japonaise qui donne le sous-titre "Günter Grass" sans préciser rien de plus que ça... (Le sous-titrage de la télé japonaise, très fréquent et désormais banal, est quelque chose de particulier dans le monde. Je pense qu'on le fait pour une sorte d'effets visuels pour les téléspectateurs peu attentifs. Donc, je dois préciser que ce sous-titre n'était pas du tout là pour souligner la stupidité.) Il n'y a qu'une poignée d'internautes qui s'en moquent...

lundi 12 novembre 2007

Kunio encore

Nouvelles bêtises de Kunio Hatoyama, notre actuel ministre de la Justice qui veut l'exécution automatique des condamnés à mort.

Un député lui pose la question au parlement: "Est-ce qu'il est vrai qu'un ami à un ami à vous appartient à Al Qaida?"
Kunio: "Je ne connais pas la 'définition' du groupe Al Qaida (brouhaha dans la salle "Mais c'est pas possible!"), mais il appartient à un groupe terroriste proche d'Al Qaida."
Pour notre ministre de la Justice, tous les groupes terroristes s'appellent Al Qaida peut-être...

Kunio: "Les terroristes se baladent paisiblement dans la rue au Japon."

Kunio: "Je n'ai jamais menti. Il n'y a aucun mensonge dans mes propos."

Je répète. Kunio a dit qu'un ami à un ami à lui qui était membre d'Al Qaida lui avait averti de l'attentat à Bali en 2002. Cette personne lui a déconseillé d'y aller, puisqu'il y aurait un grand danger. Ensuite, il s'est corrigé, en prétendant qu'il avait eu ce conseil quelques semaines après l'attentat, ce qui ne veut carrément rien dire. Et il ose affirmer qu'il n'a jamais menti. A ce stade, vérité ou mensonge, je m'en fous. (En fait, non, je ne m'en fous pas. Il serait quasi criminel, s'il n'avait pas fait ce qu'il fallait faire pour faire empêcher l'attentat terroriste en Indonésie. C'est vraiment grave.) Je me pose cette question plutôt: N'a-t-il pas un problème dans son cerveau? Ne peut-il pas parler avec juste un petit peu plus de logique?

Et le média japonais qui ne repasse jamais le passage "Il m'a déconseillé d'y aller"!!!

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mercredi 7 novembre 2007

Le Parti Libéral-Démocrate ne veut pas dire ce que le nom veut dire

Le chef du Parti Démocrate du Japon (le plus grand parti de l'opposition) a voulu quitter son poste dimanche, et il a déjà changé d'avis hier. C'est du n'importe quoi. Il est beaucoup plus rapide que Io-Io Mais ce qui est le plus décevant est la réaction des politiciens du parti. Il a voulu partir, mais ils l'ont retenu, en imaginant à tort qu'il est la vedette du parti indispensable pour gagner aux prochaines élections. En fait, cette personne qui s'appelle Ichiro Ozawa vient du Parti Libéral-Démocrate qui est au pouvoir pratiquement depuis 1955.
Le titre de cet article n'a rien de politique. Je veux seulement parler de la sémantique. La naissance de ce parti est bien de cette année 1955 où il a eu le pouvoir. C'est l'année du rassemblement des deux partis conservateurs, le Parti Libéral (Jiyu-to) et le Parti Démocrate (Minshu-to), l'élément to voulant dire le parti. La langue japonaise n'a pas de distinction entre le singulier et le pluriel, et le nom du parti réuni Jiyu-minshu-to (autrement appelé Jimin-to) est correcte en japonais bien sûr. Mais la traduction le Parti Libéral-Démocrate ne peut être correcte. J'imagine que cette traduction française vient de l'anglais Liberal Democratic Party. Je suis presque sûr que cette traduction en anglais a été faite par un Japonais qui ne saisissait pas bien la logique des langues indo-européennes. Il serait normal que la politique de l'union du Parti Libéral et du Parti Démocrate ne fasse pas forcément la libéral-démocratie. Ces traductions montrent bien la négligence sémantique des Japonais. En revanche, le nom du Parti Social-Démocrate veut bien dire ce qu'il veut dire. C'est simplement le nouveau nom de l'ancien Parti Socialiste, non pas la réunion des deux partis socialiste et démocrate.
En plus, Ozawa, le chef actuel de l'opposition, a formé le Parti Libéral (Jiyu-to) en 1998, qui a été absorbé par le Parti Démocrate (Minshu-to), fondé en même temps. Donc, ces deux partis de l'opposition portaient respectivement les anciens noms des composants du parti qu'on appelle le Parti Libéral Démocrate, et les Japonais amnésiques s'en foutent complètement. Les Japonais font le recyclage des noms de partis politiques comme ça.
D'ailleurs, Ozawa est une sorte de Pasqua japonais, je ne pourrais imaginer personnellement le parti politique de centre gauche dont la tête est Pasqua. Mais au Japon, apparemment ça marche... Mais je soupçonne que c'est un espion du Jiminto depuis longtemps, et il a bien trahi son vrai caractère cette fois-ci. Le Parti Démocrate a gagné les élections sénatoriales cet été, et il était bien dans le vent jusqu'à dimanche dernier où Ozawa a annoncé sa démission brutale, alors que le Parti Libéral-Démocrate était dans la grande difficulté. Ozawa a bien réussi à renverser la situation par son cinéma. Il a discrédité son propre parti comme ça au profit du parti en pouvoir auquel son coeur appartient toujours!

mardi 30 octobre 2007

Kunio l'a encore fait

Le ministre de la justice Kunio Hatoyama l'a encore fait. Il voulait accélérer l'exécution des condamnés à mort il y a un mois, et il a suggéré la suppression de la procédure de signature du ministre pour cela. C'est un Oups-Blazé japonais, et on doit dire qu'en tout cas, personne ne le prend au sérieux dans le monde politique japonais... (C'est un des "fils de", et s'il est élu, c'est que son grand-père, un ancien premier ministre, et son père, ancien ministre des affaires étrangères, étaient adorés des électeurs.) Kunio est son prénom, vous pouvez imaginer comment on le surnomme...
Cette fois-ci, les journalistes étrangers ont organisé un entretien avec lui afin de lui demander l'explication sur le projet de loi concernant l'immigration. Si le projet français de la loi ADN ne me choque pas tellement, c'est que le gouvernement japonais veut adopter la loi permettant aux agents de l'immigration de prendre presque systématiquement l'empreinte digitale des entrants aux ports et aux aéroports. (Presque, car on ne le ferait pas auprès des VIP.) C'est mille fois pire que l'ADN. Kunio a dit qu'on concoctait cette loi pour empêcher l'entrée des terroristes, mais la bavure n'était pas cette réponse. Malheureusement, il a ajouté un épisode pour l'expliquer. Il a dit qu'il connaissait une personne qui était un ami à un ami à lui, et cette personne appartenait à Al Qaida. Elle l'a averti (par le biais de son ami) de l'attentat à Bali en 2002, et il a reçu le message qui lui déconseillait de s'y rendre, parce qu'il y aurait forcément un danger énorme. Alors, il était au courant de l'attentat, et il n'a averti personne???
Juste après l'entrevue, il a corrigé son propos, en disant que cette personne l'a averti de l'attentat (par le biais de son ami, bien sûr) quelques semaines après l'incident. Mouais, ça doit être ça...
Mais comme j'ai dit, en tout cas, personne ne le prend plus au sérieux, même les journalistes qui saisissent les mots au vol. On a marre de lui. On peut imaginer qu'il a inventé cette histoire, car c'est un idiot qui risque de penser que c'est une preuve qu'il a un réseau important s'il prétend avoir des relations à Al Qaida. Quelle est la réaction des internautes? "Eh! Kunio, je suis pas ton ami!" "Depuis quand tu as des amis?" "Comment tu peux parler de moi comme un ami à toi?" Donc, en fin du compte, on a tendance à penser que c'est une invention vraiment trop imbécile... Il faut rappeler: C'est l'actuel ministre de la justice.

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