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lundi 15 septembre 2008

NHK déchire

 Une poétesse de tanka (poème court classique à 31 syllabes, différent du haïku, le genre moderne à 17 syllabes) qui s'appelle UCHINO Mitsuko rapporte dans son blog (en japonais) son entretien téléphonique avec le service clients de la chaîne nationale NHK. Je ne la connais pas, mais elle écrit des livres sur les rapports entre le régime d'empire et la poésie classique.
 Elle a donc voulu poser la question sur le journal télévisé de 19 heures le 10 septembre, dont les invités étaient les cinq candidats à l'élection du président du Parti Libéral-Démocrate. Le JT est normalement de trente minutes, mais c'était une édition spéciale d'une heure pour ce soir, dont cinquante minutes étaient consacrées aux élections au sein d'un parti politique. Il est vrai que le premier ministre prochain soit le chef du parti qui occupe la majorité au Parlement, mais ce n'est pas normal pour la chaîne publique de parler principalement de cette affaire dans un journal télévisé. (Je l'ai déjà dit, mais il n'y a pas au Japon d'instance pour surveiller le média du type CSA en France.)
 Donc, Uchida a appelé NHK pour demander la raison de ce favoritisme. Voici l'entretien.
NHK Je vous écoute.
Uchida Pourquoi avez-vous passé l'information sur l'élection du président du PLD aussi longtemps et minutieusement?
NHK Mais c'est évident! Ne l'avez-vous pas saisi? Ah! ah! ah! C'est une pub du PLD! (Uchino se demande à ce moment-là si elle s'adresse vraiment à un employé de NHK.)
Uchino Pourquoi NHK passe-t-elle la pub du PLD?
NHK Parce que c'est nécessaire. C'est important.
Uchino Pourquoi est-ce nécessaire?
NHK Parce que le public en est hautement intéressé. C'est clair selon notre sondage. Et puis...
Uchino Est-ce que vous décidez votre programmation seulement par popularité et intérêt selon le sondage? N'avez-vous pas votre propre opinion comme la chaîne nationale qu'est NHK?
NHK J'ai dit l'intérêt, mais pas la popularité. Ne vous trompez pas, madame. Ah! ah! ah!
Uchino Cela ne me fait pas rire...
NHK Soyons joyeux pendant qu'on est vivants!
Uchino Ne plaisantez pas. Y a-t-il d'autres raisons?
NHK Le président du PLD sera nommé premier ministre par le Parlement. L'intérêt international est également élevé pour savoir qui sera le prochain premier ministre.
Uchino Ce n'est pas quelque chose à privilégier aux dépens d'autres informations importantes pour le public.
NHK Ca, c'est votre opinion, Madame. On fait le dossier de toutes les opinions qu'on a entendues, afin que nos présidents et directeurs puissent les lire.
Uchino Comment profitez-vous des opinions des téléspectateurs?
NHK Nous leur répondons par nos émissions. Regardez-les.
Uchino Je ne peux regarder que la télé pendant 24 heures. Ne pensez-vous pas qu'il serait bien de faire une émission pour nous faire connaître quelles opinions de public vous avez entendues et comment vous leur répondez.
NHK Vous avez raison. Vous allez mourir si vous regardez la télé pendant 24 heures. D'autres questions?
Uchino Bon... Comment vous appelez-vous?
NHK Idiot!
Uchino ...Pardon?
NHK Idiot! Je m'appelle Idiot!
 Et les Japonais payent la contribution sans rechigner pour que les idiots fassent les émissions idiotes.
 Il faut que j'ajoute un mot sur le propos du service clients de NHK: Soyons joyeux pendant qu'on est vivants. La popularité d'Asô Tarô est fondée sur sa gaieté, et rien d'autre. Ses supporters le soutiennent parce qu'il a l'air joyeux. C'est un sale raciste, mais ce n'est pas grave pour les Japonais, car il fait rire!
 (Au lendemain de l'annonce de la démission de Fukuda, trois "intellectuels" ont publié leurs opinions sur le quotidien Asahi Shinbun. Je n'ai pas du tout compris pour l'article écrit par un romancier, mais les deux autres par des profs d'université étaient bien des chefs-d'œuvre. L'un dit qu'il est temps que les politiques apprennent à parler comme les athlètes qui ont eu les médailles d'or à Pékin (clowns médiatiques par excellence à ce moment-là, des Candeloro venus de quatrième dimension), et l'autre attend l'apparition d'un Don Quichotte dans le monde politique (??!). C'est pas grave! Cette prof n'a pas lu Don Quichotte, et elle ne connaît pas le personnage, mais alors, où est le problème? C'est clair au moins, c'est bien la fin des prospérités japonaises. Naufrage de tous les côtés politiques et académiques!)

samedi 16 août 2008

Le média japonais ne fait qu'attiser le racisme anti-chinois

 Au Japon, les actualités de MSN sont fournies par le journal d'extrême-droite, Sankei Shinbun. Un journaliste de ce quotidien a comparé les infos sur les JO de toutes les chaînes télé. Sa conclusion est que la chaîne nationale NHK était la pire, car elle a laissé passer les images de la propagande du parti communiste chinois sans la critiquer, et qu'elle n'a rien dit sur la Corée du nord. Selon lui, "c'est une attitude journalistique comme une chimère".
 Alors là, la NHK fait-elle son devoir de la chaîne nationale qui ne fait pas honte? Mais non, elle n'est pas différente des autres à mon avis. Tous les présentateurs disent que les Chinois sont hostiles envers les Japonais qui sont "away" là-bas ("away" veut dire "visiteurs", mais la nuance est moins amicale), et ils sont complètement sourds aux acclamations des Chinois pour les Japonais je ne sais pourquoi. Tout normalement, les Chinois sont pour les Japonais quand ils jouent le match contre un pays occidental ou ailleurs, mais toutes les chaînes télé passent sous silence cette évidence. Très curieux. Si le public hue contre un arbitrage défavorable aux Japonais, c'est les non Chinois qui crient à l'injustice pour nos compatriotes. (Je ne comprends pas trop pourquoi ils aiment utiliser ce mot "away" pour les JO de Pékin. Ce sont des JO internationaux qui passent en Chine comme par hasard, non? Les Japonais ne sont pas là pour battre les Chinois. Je ne le comprends pas, donc je ne suis pas un bon Japonais, probablement pour eux. Ce que je trouve vraiment grave, c'est que ces gens ne se posent aucune question pour l'emploi de ce mot.)
  Le problème est qu'il n'y a aucune organisation de surveillance comme le CSA au Japon. Donc le média se plaît et se complaît dans le populisme extrême qui est la seule bonne attitude pour les sponsors. Ce n'est guère mieux pour les imprimés. La situation de la pensée unique, voire totalitaire, est très sérieuse au Japon. Je peux tomber tout le temps sur les sites Internet de tendance libérale des Etats-Unis, et je sais qu'il y a des mouvements subversifs en Chine. Mais il n'y a rien au Japon, à ce pays des moutons (ou des fourmis, si j'emprunte l'expression de je ne sais plus comment elle s'appelle, euh... Madame Cresson).
 Je peux bien essayer de comprendre la logique des soi-disant journalistes (ils réclament être les seuls vrais au Japon). Je voudrais bien. Si le média pense que le ton anti-chinois plaît au peuple, il se veut anti-chinois. Bon, d'accord. Mais il y a une difficulté évidente dans cette logique. J'ai dit "si le média pense que...". Donc c'est le média qui pense. Alors, comment pense-t-il? D'où lui vient-il cette idée saugrenue?

 Une anecdote drôle. Le gouverneur de Tôkyô, ISHIHARA Shintarô, le modèle du populisme d'extrême-droite est aussi un romancier. J'écrirais volontiers "il prétend être romancier", mais malheureusement il fait parti du jury du prix d'Akutagawa, considéré comme le meilleur prix littéraire au Japon (ouais, c'est du n'importe quoi, mais c'est ça, le Japon actuel...). L'année dernière, il a lancé devant la caméra de télé "As-tu lu Le Tambour de Gunther Sachs?". Je ne savais pas que c'était l'ex de Brigitte Bardot qui a écrit ce roman... Et cette fois-ci, il a fait un commentaire sur l'interview de KITAJIMA Kôsuké, le nageur de brasse qui a eu deux médailles d'or. "Le reporteur qui lui assène des questions stupides juste après la course est nul. Kitajima a fait semblant d'essuyer son visage avec la serviette, car il ne voulait pas montrer ses larmes à un tel individu. Cette scène était belle et émouvante. Ce n'est pas le logos, mais l'éros. Cette émotion est propre aux sports." Mais Shin-chan, le contraire du logos n'est pas l'éros, mais le pathos...

mardi 12 août 2008

Histoire d'une pub



MonkeyBama - Funny Japanese Obama Parody

 Emobile est un opérateur de téléphonie mobile qui souffre de la concurrence avec deux autres grands rivaux, Docomo et Softbank. Docomo est une compagnie issue de l'ancienne téléphonie nationale, et Softbank est la plus puissante des téléphonies privées. Softbank fait la pub surréelle (ou absurde, comme vous voulez) avec un chien blanc qui parle, qui fait beaucoup de succès au Japon. Emobile a fait cette pub pour rivaliser avec le chien star. L'expression "l'amitié entre le chien et le singe" veut dire l'inimitié inconciliable en japonais.
 Un groupe de résidents africains au Japon s'est porté plainte contre cette pub, disant qu'elle est dégoûtante même si les Japonais ne peuvent pas se rendre compte, trois jours après l'apparition d'un article sur le site de Daily Telegraph, qui disait que cette campagne publicitaire pouvait être raciste, mais ce racisme n'était pas voulu.
 (Ce n'est qu'un détail, mais c'est drôle qu'ils obtiennent l'information du site anglais tout en habitant au Japon. Ils avaient vu cette pub, mais ils n'osaient pas élever la voix avant de confirmer l'avis des journalistes? Personnellement, je ne l'ai jamais vue à la télé, car je ne regarde pratiquement que la chaîne nationale sans pub. Ouais! les Japonais sont en avance!)
 Emobile a arrêté de la diffuser au bout d'un mois après sa première apparition sur le petit écran. Je ne comprends pas trop bien cette histoire. Peut-on croire que l'agence publicitaire ne s'apercevait pas du problème au stade du projet? C'est leur excuse qui me paraît excellente. "On ne pensait pas que c'était raciste, car le singe est un animal noble et intelligent au Japon et en Asie, proche de l'humain." Proche de l'humain, c'est tout le problème... D'ailleurs, ce n'est pas le caractère du singe qui est mis en cause, mais la mise en scène qui fait penser clairemment à Obama. Si la pub n'est pas expressément raciste, elle est moqueuse au moins.
 Je suis particulièrement mécontent du règlement de compte du style particulièrement japonais. Ils arrêtent la pub pour une seule plainte, ils s'excusent auprès du groupe des africains, en disant "Mais ce n'était pas du racisme". Ainsi, ils font semblant de s'excuser, mais ils ne regrettent rien au fond. Leur raisonnement à eux (à mon avis): "C'est nous qui avons perdu de l'argent à cause de cet arrêt. C'est cette perte qui est égale à l'excuse pour nous! Nous nous sommes endommagés comme ça pour vous."
 Je ne comprends pas non plus ce que dit Daily Telegraph. Pourquoi ces journalistes britaniques sont-ils tellement compréhensifs envers les publicitaires japonais? Pour moi, c'est du racisme pur, d'autant plus grave qu'ils n'en sont pas conscients. Tellement inconscients qu'ils ne savent même pas que les singes sont souvent jaunes... Il y a quelque chose qui me provoque le rire jaune.

dimanche 13 juillet 2008

La fin d'une série

 ICHIHARA Etsuko est l'actrice qui joue le rôle de la mère de l'héroïne dans deux films d'IMAMURA Shôhei, La Pluie noire et L'Anguille.

 Comme IMAMURA Shôhei était un réalisateur toujours détesté par les Japonais (mais il a été consacré comme un des meilleurs cinéastes après sa mort, comme d'hab...), elle est surtout connue comme la voix féminine de l'émission pour enfants Manga nippon mukashibanashi (Contes japonais d'antan en manga), dont la voix masculine était TOKITA Fujio, qui a joué également dans les films d'Imamura (le bonze dans L'Anguille). Ces deux voix sont souvent imitées. Manga nippon mukashibanashi n'était pas un dessin animé proprement dits, mais des histoires racontées avec des images statiques (l'action de caméra se limitait au travelling lent sur l'image, je crois). J'en garde un bon souvenir.
 Elle est aussi connue comme l'héroïne de la série télévisée "La femme de ménage a vu!", dont le dernier épisode a été diffusé hier soir. Cette série a continué depuis vingt-cinq ans au rythme d'un épisode par an, mais Ichihara a décidé d'arrêter. Donc, une des plus anciennes séries télévisées au Japon a fini hier soir.
 Ce n'est pas du tout une série de qualité, et je ne l'avais pas vue depuis plus de dix ans, mais le changement du personnage était impressionnant. Autrefois, cette femme de ménage était ambiguë. Elle travaille toujours dans une famille très bourgeoise, mais elle la guérit (ou pas) de la maladie pourrissante avec sa présence particulière. C'est cette présence qui a radicalement changé de caractère. Ce n'était pas quelqu'un de recommandable, bien que professionnel, comme une femme de ménage auparavant, et la mise en scène soulignait son voyeurisme, son bavardage indiscret, et sa malice indécente. En un mot, c'était une série franchement du mauvais goût, qui cependant tirait la force de ce fait.
 Mais qu'est-ce que j'ai vu hier? Cette bonne brillait de bonté, complètement anodine. On ne peut dire que cette sorte de personnages ambigus ait disparu de la "littérature" japonaise, mais ils sont sans doute obligés de rester dans la scène plus ou moins underground désormais (mangas ou films indépendants). A la télé hertzienne, ce n'est plus possible peut-être. On gardait seulement au générique le logo du style magazines à scandales des années 70.
 C'est pareil pour le jidaïgéki (drame de l'époque, série polar avec samouraïs). Les personnages picaresques comme Zatôichi ou Némuri Kyôshirô ne sont plus possibles sur le petit écran.

mardi 17 juin 2008

Le JT japonais ne parle pas de l'émeute






 "Aïrin est le seul quartier qui m'ait fait peur au Japon." C'est le témoignage qu'on entend fréquemment.

 Aïrin est un quartier dans l'arrondissement Nishinari à la ville d'Osaka, connu du nombre d'ouvriers qui n'ont pas de boulot fixe. Le niveau de l'éducation est généralement bas, et l'espérance de la vie est la plus courte au Japon. Un petit article sur le site du journal Asahi Shinbun. (En fait, il n'y a que de très petits articles dans les sites des journaux japonais, vu qu'ils croient qu'il est suicidaire de proposer des informations gratuites.)
 L'émeute des ouvriers dans le quartier Aïrin (Kamagasaki) dans l'arrondissement Nishinari, Osaka, ne cesse pas encore au soir du 15 juin. Environ 280 personnes furent assemblées devant le commissariat, et certains individus répétèrent à jeter des pierres. Quatre policiers furent blessés, et le commissariat arrêta un nouvel adolescent de 17 ans pour une entrave au travail des policiers.   Le brouhaha continue depuis trois jours. On compte dorénavant 15 personnes arrêtées et 14 blessées.
 Selon le commissaire, le chef de du comité des travailleurs réunis du quartier Kamagasaki appela à la protestation, prétendant "Des ouvriers ont été victimes de la violence policière", et des personnes rassemblées jetèrent des pierres aux brigadiers. Il y eut beaucoup de jeunes qui semblaient être badauds, dont une partie s'énerva et engagea de petites escarmouches.

 L'histoire qui a été l'origine de la violence policière est assez futile. Je traduis ce que rapporte un blogguer (Les photos sont prises de son site) qui se fonde sur le tract du comité des travailleurs.  Un ouvrier s'est rendu dans un petit restaurant populaire pour commander un okonomiyaki (je dirais une pizza japonaise) pour qu'il l'emporte plus tard. La serveuse lui a répondu "D'accord! D'accord!" d'une façon très sèche. L'ouvrier en question a été un peu choqué par cette attitude, mais il n'a rien dit. Il est retourné au restaurant deux heures plus tard, et il s'est plaint de l'attitude de la serveuse de tout à l'heure. Alors elle a appelé la police (?) pour dire qu'il entravait son activité commerciale. Le tract du comité des travailleurs dit que la serveuse a rendu l'argent à l'ouvrier, et il doute qu'elle n'ait même pas fait l'okonomiyaki commandé.
 Cet ouvrier a été embarqué au commissariat (!). Quatre policiers frappent sa tête, ils l'étranglent et lui donnent des coups de pieds, et s'il s'évanouit un coup de spray, et puis à nouveau de la violence. Enfin ils tiennent ses pieds pour le pendre la tête en bas.
 Les policiers lui ont dit: "On peut faire supprimer ton assistance sociale (une sorte du RMI). Si tu signes ce papier pour promettre que tu ne t'approches plus de ce resto, on te la laisse." Et il a signé.
 Ça, c'est l'origine de l'émeute. Je ne sais trop si le comité des travailleurs raconte sur la violence policière est 100 pour cent vrai, mais l'émeute est une réalité.
 Et la télé n'en parle presque pas du tout. Admettant que le séisme au nord du pays est l'actualité la plus importante du moment, ce silence est incompréhensible, d'autant que ce n'était pas pareil au moment de l'émeute d'Aïrin en 1990.
 Les bloggueurs disent: "Le journalisme japonais est mort." "La télé n'en parle pas, puisque ça ne profite pas à l'audimat." "Ils ont peur des sponsors."

dimanche 27 avril 2008

Smoke on the water au shamisen





Cette interprétation a été diffusée il y a tout juste un an dans une émission de dimanche matin "Concert sans titre", qui dure depuis 1964. Le clip est uploadé au mois de janvier 2008.
Le style s'appelle Tokiwadzu, un genre du jôruri, conte chanté. L'histoire du jôruri est parfois illustrée par les marionettes. (Le film Dolls de Kitano Takéshi est inspirée du jôruri aux marionettes, autrement appelé bunraku.)
Le titre de la chanson est changé en "Ô-Édo-no hikéshi", Sapeurs du grand Édo. Cela parle d'un incendie sur le lac Biwa, le plus grand lac au Japon. Les sapeurs d'Édo qui passaient au lac Biwa comme des touristes en vacances éteignent le feu. Comme il s'agit d'une parodie, la parole ne veut pas dire grand'chose.

We Will Rock You





Un peu moins bien que Smoke on the Water, mais bon. L'intérêt principal de cette interprétation est qu'ils ont inséré un passage du jôruri, Masakado (c'est le titre), le rebelle du 10e siècle qui s'est autoproclamé le nouvel empereur. En effet, c'est un personnage assez rock'n'roll dans l'histoire du Japon. Je n'ai pas pu trouver Jailhouse Rock, qui a été joué dans la même émission.

mardi 15 janvier 2008

Un nouveau tube français au Japon!!!

Chaque matin, de 8h15 à 8h30, de lundi à samedi, la chaîne nationale NHK passe un feuilleton depuis plus de quarante ans. Ce n'est pas Amour, gloire et beauté, on change de programme tous les six mois. D'avril à septembre, c'est la production de Tokyo, et d'octobre à mars, elle est d'Osaka. Ce feuilleton matinal est toujours présent dans le top 5 du palmarès d'audimat. Le trait caractéristique: le personnage principale est toujours une femme, le plus souvent jeune et jolie. Et elle est très optimiste. Elle fait un mariage heureux, et réussit dans la vie malgré tous les revers. Son mari est toujours compréhensif.

Il est intéressant de le comparer aux téléfilms américains que TF1 diffusent tous les après-midi. Là aussi, le personnage principal est toujours une jolie femme, mais elle a fait un mariage malheureux avec un homme "on ne sait pourquoi elle était mariée à cet homme macho et violent", mais elle veut recommencer sa vie avec un gentil garçon. On peut imaginer que les Américaines commettent une erreur de choix inconnue des Japonaises, qui rencontrent forcément un homme de rêve dès le début.

Mais l'heure d'émission n'est pas trop tôt? Non, car l'école commence à 8 heures et demie, et la maman n'accompagne pas les enfants jusqu'à l'école au Japon. Je ne le dis pas pour le réseau international des kidnappeurs pédophiles. Et le papa part travailler à six heures du matin (j'exagère).

Comme je n'ai pas encore trouvé de boulot fixe, je regarde cette émission tous les matins. Il fait très froid et il neige beaucoup à ma région, et curieusement on vit ici généralement sans chauffage central. Par conséquent, il faut que je reste toujours dans la salle principale avec un grand poêle. On en a plusieurs, mais le pétrole est trop cher actuellement. Je suis souvent forcé de regarder la télé, au moins de l'entendre. En tout cas, même si je ne suis pas du tout téléphage, ça ne me déplaît pas de la regarder du point de vue sociologique.

Le feuilleton qui a commencé au mois d'octobre est un peu différent d'habitude, car l'héroïne n'est pas aussi "positive" que les autres héroïnes qui continuaient à donner de l'espoir aux femmes au foyer japonaises. Elle voit toujours le côté noir des choses. Mais la mise en scène est volontairement comique pour souligner ses imaginations noires. Dans la mode de sit-com façon Ugly Betty, l'héroïne est moche, mais son intérieur est plus ou moins beau. Au Japon, on a inventé une héroïne dont les apparences sont toujours mignonnes, mais l'intérieur n'est pas toujours beau. Apparemment, cette émission est appréciée par les gens qui ne regardent pas souvent cette sorte de programmes. Mon avis est que ça se regarde comme les Frères Scott.

J'ai lu récemment un article qui disait qu'un tube est né de ce feuilleton. J'ai vu le titre de la chanson, mais je croyais ne pas la connaître, car il était traduit en japonais. Je me suis posé la question: mais a-t-on passé des chansons dans ce feuilleton? Je ne me souviens pas. Il n'y a même pas de chanson de générique! Mais cet article disait que c'était une chanson en français qu'un Japonais androgyne (Boy George ou Antony?) qui avait étudié le chant en France chantait. Le disque est sorti il y a quelques années, et les téléspectateurs téléphonent NHK pour demander le titre de cette chanson, et on pressent que ce sera un tube énorme...

Ah oui! En effet, j'ai entendu quelques fois "Paaaarlez-moiiii d'amouuuur, rediiiteees-moi des choseees tendreeeees" dans cette émission!