vendredi 26 septembre 2008

Printemps et Asura (Poème de MIYAZAWA Kenji)

Printemps et Asura (Croquis modifié du cœur)

Les sarments d'akébie embrassent le nuage,
Partant de l'acier gris de l'image psychologique.
Buissons de roses sauvages et marais de terre pourrie.
Figures complaisantes, partout et partout.
(Instant où les éclats d'ambre pleuvent
plus fréquemment que la symphonie de midi.)
Amertume puis bleu de colère.
Je suis un asura
Qui parcourt le fond lumineux de l'atmosphère au mois d'avril,
Crachant et grinçant des dents.
(Le paysage s'ébranle en pleurs.)
En limitant la vue au nuage qui se brise,
 Le vent au verre sacré va et vient
  Sur la mer céleste pure et transparente.
   Cyprès, une ligne printanière.
    Tout noirs, ils aspirent l'éther,
     Et la cime enneigée de la montagne sacrée brille
      Du rang de leurs pieds sombres mais...
      (Brume de chaleur en vagues et polarisation blanche.)
      Les vocables authentiques se perdent,
     Les nuages se déchirent et volent en l'air.
    Ah! je suis un asura
   Qui parcourt le fond du mois d'avril qui brille,
  Grinçant des dents et brûlant.
   (Le nuage de quartz flotte,
   Mais où chante cet oiseau de printemps?)
  Quand le soleil s'assombrit bleu,
   Les asura retentissent dans le bois,
    Un bloc d'arbres noirs pousse
     De la coupe céleste qui tombe dans un vertige,
      Dont les branches se ramifient tristes,
     Et un corbeau qui s'envole
    De la cime de la forêt évanouie
   Voltigeant à tout le paysage dédoublé.
    (Moment où l'atmosphère se purifie de plus en plus,
    et que les cyprès s'élèvent vers le ciel en silence.)
Objet qui parvient à travers l'or de l'herbe.
Objet qui porte la figure humaine sans difficulté.
Ce paysan qui me regarde en manteau de paille,
Me voit-il vraiment?
Dans la profondeur de la mer de l'atmosphère aveuglante
(La tristesse est profondément bleue)
Les cyprès s'ébranlent en silence,
Et l'oiseau entaille le ciel bleu
(Les vocables authentiques ne se trouvent pas ici,
Les larmes d'asura tombent sur terre.)

Si je soupire au ciel à nouveau,
Mes poumons se rétrécissent blancs,
(Que ce corps se brise en morceaux de ciel!)
La cime du gingko brille encore.
Les cyprès se noircissent de plus en plus,
Et pleuvent les étincelles de nuage.


*****
Ma traduction n'est pas terrible. Il faut que quelqu'un le retraduise.

mercredi 24 septembre 2008

Le silence de Nonaka

 Enfin, Nonaka Hiromu n'a pas bougé. L'année dernière, il a parlé d'un coup d'Etat d'Asô après la démission surprise d'Abé, et mis la barrière contre Asô. Pourquoi n'a-t-il rien fait cette fois-ci? On peut supposer plusieurs raisons.
  1. Vu que le PLD a déjà changé deux fois de premier ministre sans élections, le prochain président du PLD se voit obligé de dissoudre la chambre des représentants, dès qu'il sera élu par les membres du parti. Si par hasard les électeurs donnent la majorité au PLD dont le président est Asô, Nonaka n'aura rien à dire contre la voix du peuple.
  2. La critique monte: "le PLD ne nous dit rien et il nous cache tout". Les anciens du PLD ont bien de bonnes raisons pour empêcher Asô d'être le président du parti, mais déjà les adhérents de provinces ne comprennent plus la logique des anciens du parti. Par conséquent, Nonaka ne peut plus continuer à manipuler, même si sa volonté est bienveillante pour le peuple japonais.
  3. Nonaka est officiellement à la retraite. Il n'ose plus intervenir activement à la vie politique.
  4. Asô est trop populaire et en plus, il insiste. C'est la quatrième fois qu'il se présente aux élections du président du parti. Nonaka en a marre.
 Mais je ne peux croire que Nonaka en a marre.
 Nonaka, homme politique issu d'une famille de parias, était souvent objet de la discrimination même (ou surtout?) dans le monde politique. Asô aurait dit à son insu "On ne peut le laisser être le premier ministre du Japon, car c'est un paria" et trois députés témoignent qu'il l'a bien dit. Mais Asô l'a nié au Parlement.
 Un livre sur Nonaka fait le témoignage de son dernier mot comme un homme politique. Il a été adressé à Asô à la fin du conseil général du PLD en 2003. Il a bien affirmé que ce serait son dernier mot avant de se lancer. "Monsieur Asô, vous avez dit "On ne peut laisser un paria comme Nonaka être le premier ministre du Japon" à la réunion de votre groupe. Trois députés qui se trouvaient là me l'ont bien confirmé. Et maintenant un homme comme vous dirige les mesures politiques de notre parti, et vous serez désormais un ministre. Si c'est comme ça, il n'y a aucune possibilité d'éducation des droits de l'homme! Je ne vous pardonnerai jamais!" Et Asô ne pouvait rien répondre, il était tout rouge, la tête baissée.
 Donc, je ne pense pas que Nonaka peut en avoir assez d'Asô. Mais je soupçonne que c'est une sorte de démission, face à la marée de popularité qui favorise ce crétin.
 Une autre actualité politique qui montre l'air du temps: KÔNO Yôhei, le président actuel de la chambre des représentants a annoncé sa retraite, et il ne se présentera pas aux prochaines élections. Kôno était le seul président du PLD qui n'avait jamais été le premier ministre. Les gens d'extrême-droite le qualifient de traître, car il a reconnu l'existence des esclaves sexuelles de l'armée japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale. Kôno fuit aussi le monde politique, inerte devant la popularité d'Asô. Déjà, le premier ministre Fukuda était connu comme un sinophile, d'où il puisait une part de son impopularité. Les Japonais préfèrent Asô à la xénophobie filtrée. Chrétien, il adore les Occidentaux, mais il méprise les Asiatiques. Et peut-être que la démocratie japonaise peut priser cette sorte d'hommes politiques. Malheureusement.
 Mais Nonaka n'a pas été complètement silencieux pendant ces jours-ci. Il a donné une conférence le 20 septembre à Kobé. Il a parlé du mémorial du massacre à Nankin, et dit qu'il était important que les Japonais les plus nombreux possibles y rendent visitent pour comprendre l'histoire et approfondir l'amitié sino-japonaise. Il a raconté son rêve d'une union des pays d'Asie de l'est, avec la Chine, les deux Corées, la Russie et le Japon. Personne n'y prête attention, à moins de le persifler pour son irréalisme. En même temps, la naissance du gouvernement d'Asô semble être plutôt bien accueillie par le public.
 Le Japon vit une période très difficile qui constate la défaite de l'idéalisme devant le cynisme. Certains députés du PLD auraient qualifié le nouveau gouvernement d'Asô, fraîchement né aujourd'hui, du cabinet "Je suis le héros". Tant mieux, ce n'est pas le gouvernement "Je suis le dictateur" au moins.

mardi 23 septembre 2008

Préface (poème de MIYAZAWA Kenji)

Préface au recueil de poèmes Printemps et Asura

Le phénomène que moi est
Un éclairage bleu
De l'ampoule hypothétique à la communication organique.
(Unité complexe de tous les fantômes transparents.)
Un éclairage bleu
De l'ampoule à la communication causale
Qui ne cesse de luire bien sûrement
Tout en clignotant à chaque instant.
(La lumière est maintenue, dont l'ampoule est perdue.)

Ceux-ci sont des croquis de l'image psychologique
Tels que chaque maillon de l'alternance du clair-obscur
Maintenue jusqu'ici
Dans l'enchaînement du papier et de l'encre minéral
De la direction qui correspond au passé
Pendant vingt-deux mois.
Hommes, galaxies, asura et oursins sur ce sujet
Réfléchissent respectivement à la nouvelle théorie essentielle
Tout en mangeant les poussières cosmiques ou en aspirant l'air et l'eau salée,
Mais au fond, tout cela est une image au cœur.
Enfin en tout cas, ces paysages inscrits
Sont des paysages tels qu'ils ont été enregistrés,
Et s'ils étaient le néant, le néant lui-même est comme on le voit,
Il devrait être commun à tous à un certain degré.
(Parce que, comme toutes les choses correspondent à toutes les choses en moi,
Elles correspondent à toutes les choses qui sont en chacun.)
Cependant, il est possible comme une tendance
Que l'imprimeur et moi ne sentions aucun changement,
Bien que ces mots censés être authentiques,
Transcris dans l'accumulation de ces temps immenses et éclairés
De l'holocène récent
Altèrent déjà la structure et le caractère
Pendant le clignotement égal au moindre instant au plus
(Ou bien à un milliard d'années d'Asura).
Peut-être les choses comme documents, histoire ou géographie
Ne sont-elles que ce que nous croyons
Avec toutes ces différentes données
(Sous la restriction spatio-temporelle de causalité)
Tout comme nous sentons nos propres organes
Et que nous croyons aux paysages et aux personnages à la longue.
Probablement dans à peu près deux mille ans d'ici,
La géologie différente adaptée à l'époque sera appliquée,
Les preuves correspondantes à la théorie réapparaîtront également du passé l'une après l'autre,
Ils croiront par hasard qu'il y a deux mille ans
Les paons sans couleur remplissaient le ciel bleu,
Et les étudiants nouvellement licenciés fouilleront des fossiles charmants
A la couche la plus haute de l'atmosphère
Vers l'azote glacé scintillant
Ou découvriront des traces de pas gigantesques des hommes transparents
A la strate du gré au crétacé.

Toutes ces propositions
Sont soutenues dans la quatrième extension
Au titre des traits caractéristiques des psychologies et des temps eux-mêmes.

 MIYAZAWA Kenji (1896-1933) est le plus grand poète japonais du vingtième siècle. Il est également connu comme un auteur de contes pour enfants. Les asura sont les démons bouddhiques. Ce poème ouvre son recueil de poèmes le plus important Printemps et Asura, volume 1 (1924). Ignorés à l'époque, ses poèmes intellectuels ont été une innovation radicale de la poésie japonaise, généralement fondée sur le lyrisme simple. On ne peut oublier que c'était un agronome pour comprendre ses œuvres tellement exceptionnelles dans la littérature japonaise.
 Je dois peut-être ajouter que son image populaire est presque le contraire de ce que ses poèmes sont réellement. C'est un homme du nord qui était un professeur de l'école agricole. On préfère lui attribuer l'image d'un poète pastoral qu'il n'était pas. Malheureusement, on a publié posthumement un poème médiocre de paysan Malgré la pluie (Amé-ni-mo maké-zu), actuellement le seul poème de lui qui soit connu de tout le monde. J'ai souvent du mal à convaincre que ses poèmes sont excellents à cause de ce poème maudit.
 Je n'avais jamais osé le traduire, car ses poèmes me font presque peur. Ils sont véritablement intraduisibles, mais je vais tenter des fois.

mercredi 17 septembre 2008

De fausses idées que les Japonais se font sur leur civilisation

 Les Japonais sont une ethnie assez bizarre: Ils préfèrent croire que toutes les "particularités" de leur culture se fondent sur la politesse, à tel point que même les Occidentaux y croient à force de cela. Récemment, j'ai entendu un quiz sur le Japon à RTL. J'ai oublié la question, mais la réponse était "Au Japon, c'est impoli d'appeler les gens par leur prénom." Mais qu'est-ce que la politesse peut venir faire dans affaire? Il est vrai que les Japonais utilisent plutôt le nom de famille dans la conversation, mais ce n'est qu'une habitude qui n'a rien à voir avec la civilité.
 Il y a deux fois plus de population au Japon qu'en France, mais le nombre de noms de famille n'est que la moitié. Par conséquent, on a à peu près quatre fois plus de personnes qui portent le même patronyme qu'en France. Alors, qu'est-ce que les gens au même nom de famille font quand ils se rencontrent? S'appellent-ils par le patronyme pour éviter l'impolitesse? Mais non... D'ailleurs, pour les gens qui portent les noms de famille trop nombreux comme Satô ou Suzuki, si on continue à les appeler par le patronyme, il y a forcément confusion.
 Je ne pense pas que c'est RTL qui a inventé la réponse, ils ont forcément la source d'un spécialiste de la civilisation japonaise. Je suis quasiment sûr que c'est des Japonais qui ont prétendu que c'était une question de politesse. A mon avis, si mes compatriotes étaient aussi polis qu'ils s'imaginent eux-mêmes, ils ne donneraient pas aux enfants des prénoms bizarres et imprononçables, qui indigneraient les profs d'école. Tout simplement, la vérité est que les prénoms n'ont pas d'importance dans la société japonaise. D'ailleurs, il n'était pas rare que le prénom change dans la vie jusqu'à l'ère Meiji. Les chrétiens étaient souvent baptisés par le prêtre à la naissance, mais les bouddhistes japonais ne portaient que le nom temporel dans le monde séculier. C'est généralement à leur mort qu'ils portent le vrai nom donné par le moine.

 Les Japonais croient que la langue japonaise a la plus grande variété d'onomatopées dans le monde. Mais le coréen possède deux fois plus d'onomatopées que le japonais.

 Les Japonais sont convaincus que leurs poèmes courts tanka et haïku ont la forme unique au monde. Mais j'ai récemment appris que les Tamils (Dravidiens) possédaient bien la forme pareille à la poésie japonaise, qui consistait à faire les vers au même rythme qu'elle (5-7-5-7-7). Je l'ai lu dans un livre d'OHNO Susumu, linguiste récemment décédé qui prétendait que l'origine du japonais se trouvait en Inde du sud. Comme Ohno était un dissident dans le monde académique, personne ne le prenait au sérieux surtout pour cette hypothèse, mais je commence à croire qu'elle n'était pas forcément infondée comme les linguistes "sérieux" veulent nous faire croire. (J'utilise le dictionnaire d'ancien japonais édité par Ohno.) D'ailleurs, MIKAMI Akira, mathématicien, linguiste amateur, a fait des études importantes sur la grammaire japonaise, mais elles ont été complètement négligées par les linguistes du main stream, et il est mort démuni et fou. Même si sa thèse qui dit qu'il n'y a pas de sujet dans la langue japonaise reste marginale dans le milieu même aujourd'hui elle trouve de plus en plus des adeptes à l'extérieur de la société fermée des chercheurs et des savants. Mais s'il n'y a que des amateurs et des dissidents qui ont raison?

lundi 15 septembre 2008

NHK déchire

 Une poétesse de tanka (poème court classique à 31 syllabes, différent du haïku, le genre moderne à 17 syllabes) qui s'appelle UCHINO Mitsuko rapporte dans son blog (en japonais) son entretien téléphonique avec le service clients de la chaîne nationale NHK. Je ne la connais pas, mais elle écrit des livres sur les rapports entre le régime d'empire et la poésie classique.
 Elle a donc voulu poser la question sur le journal télévisé de 19 heures le 10 septembre, dont les invités étaient les cinq candidats à l'élection du président du Parti Libéral-Démocrate. Le JT est normalement de trente minutes, mais c'était une édition spéciale d'une heure pour ce soir, dont cinquante minutes étaient consacrées aux élections au sein d'un parti politique. Il est vrai que le premier ministre prochain soit le chef du parti qui occupe la majorité au Parlement, mais ce n'est pas normal pour la chaîne publique de parler principalement de cette affaire dans un journal télévisé. (Je l'ai déjà dit, mais il n'y a pas au Japon d'instance pour surveiller le média du type CSA en France.)
 Donc, Uchida a appelé NHK pour demander la raison de ce favoritisme. Voici l'entretien.
NHK Je vous écoute.
Uchida Pourquoi avez-vous passé l'information sur l'élection du président du PLD aussi longtemps et minutieusement?
NHK Mais c'est évident! Ne l'avez-vous pas saisi? Ah! ah! ah! C'est une pub du PLD! (Uchino se demande à ce moment-là si elle s'adresse vraiment à un employé de NHK.)
Uchino Pourquoi NHK passe-t-elle la pub du PLD?
NHK Parce que c'est nécessaire. C'est important.
Uchino Pourquoi est-ce nécessaire?
NHK Parce que le public en est hautement intéressé. C'est clair selon notre sondage. Et puis...
Uchino Est-ce que vous décidez votre programmation seulement par popularité et intérêt selon le sondage? N'avez-vous pas votre propre opinion comme la chaîne nationale qu'est NHK?
NHK J'ai dit l'intérêt, mais pas la popularité. Ne vous trompez pas, madame. Ah! ah! ah!
Uchino Cela ne me fait pas rire...
NHK Soyons joyeux pendant qu'on est vivants!
Uchino Ne plaisantez pas. Y a-t-il d'autres raisons?
NHK Le président du PLD sera nommé premier ministre par le Parlement. L'intérêt international est également élevé pour savoir qui sera le prochain premier ministre.
Uchino Ce n'est pas quelque chose à privilégier aux dépens d'autres informations importantes pour le public.
NHK Ca, c'est votre opinion, Madame. On fait le dossier de toutes les opinions qu'on a entendues, afin que nos présidents et directeurs puissent les lire.
Uchino Comment profitez-vous des opinions des téléspectateurs?
NHK Nous leur répondons par nos émissions. Regardez-les.
Uchino Je ne peux regarder que la télé pendant 24 heures. Ne pensez-vous pas qu'il serait bien de faire une émission pour nous faire connaître quelles opinions de public vous avez entendues et comment vous leur répondez.
NHK Vous avez raison. Vous allez mourir si vous regardez la télé pendant 24 heures. D'autres questions?
Uchino Bon... Comment vous appelez-vous?
NHK Idiot!
Uchino ...Pardon?
NHK Idiot! Je m'appelle Idiot!
 Et les Japonais payent la contribution sans rechigner pour que les idiots fassent les émissions idiotes.
 Il faut que j'ajoute un mot sur le propos du service clients de NHK: Soyons joyeux pendant qu'on est vivants. La popularité d'Asô Tarô est fondée sur sa gaieté, et rien d'autre. Ses supporters le soutiennent parce qu'il a l'air joyeux. C'est un sale raciste, mais ce n'est pas grave pour les Japonais, car il fait rire!
 (Au lendemain de l'annonce de la démission de Fukuda, trois "intellectuels" ont publié leurs opinions sur le quotidien Asahi Shinbun. Je n'ai pas du tout compris pour l'article écrit par un romancier, mais les deux autres par des profs d'université étaient bien des chefs-d'œuvre. L'un dit qu'il est temps que les politiques apprennent à parler comme les athlètes qui ont eu les médailles d'or à Pékin (clowns médiatiques par excellence à ce moment-là, des Candeloro venus de quatrième dimension), et l'autre attend l'apparition d'un Don Quichotte dans le monde politique (??!). C'est pas grave! Cette prof n'a pas lu Don Quichotte, et elle ne connaît pas le personnage, mais alors, où est le problème? C'est clair au moins, c'est bien la fin des prospérités japonaises. Naufrage de tous les côtés politiques et académiques!)

samedi 13 septembre 2008

Renaissance de la littérature prolétarienne?

 Depuis plusieurs mois maintenant, on assiste à un phénomène littéraire un peu étrange. Le Navire-usine (1929), roman prolétarien de KOBAYASHI Takiji (1903-1933) est un best-seller, qui reste dans le top 10 de vente. Kobayashi est un romancier légendaire, qui a trouvé sa mort dans un commissariat dans une circonstance suspecte. On dit que son corps gardait les traces évidentes de tortures. Il était membre du parti communiste. De nombreux jeunes sont adhérés au PC grâce à cette mode, et le premier secrétaire Shii n'oublie plus de parler littérature dans son discours.
 Alors, peut-on constater un renouveau de la littérature prolétarienne aujourd'hui? Malheureusement, ce n'est pas le cas. Le Navire-usine se vend bien on ne sait trop pourquoi, mais c'est tout ce qui fait parler de la littérature prolétarienne qui fut un mouvent important d'entre deux guerres. Il n'y a aucun romancier qui tente un nouvel essai pour décrire la situation actuelle des ouvriers.
 D'ailleurs, ce qui m'embête est que Kobayashi est plutôt un personnage historique que littéraire à mon avis. Le Navire-usine n'est pas un mauvais roman, mais il est plutôt ennuyeux et dogmatique. Je n'aime pas que tout le monde soit content de lire un seul livre de ce mouvement littéraire qui n'était cependant pas orpheline. Kobayashi est le plus connu comme un martyr, mais ce n'est pas lui qui a eu le plus grand impact littéraire après guerre parmi les écrivains prolétariens.
 Mais en tout cas, il n'est pas désagréable que la littérature prolétarienne, rejetée comme ennuyeuse pendant longtemps par la culture du bon goût littéraire, ait été retrouvée par les jeunes d'aujourd'hui.

mercredi 10 septembre 2008

Un autre effet préjudiciable d'Uruguay Round

 Une entreprise alimentaire Mikasa Foods est accusée d'avoir vendu le riz contaminé de moisi ou d'insecticide comme les matières premières à plusieurs fabricants de liqueurs et de gâteaux. C'est quelqu'un d'intérieur qui l'a dénoncé au ministère de l'agriculture. Hier, la direction a licencié tous les employés, afin de leur assurer les indemnités pendant qu'il lui est encore possible.
 On est obligé de se poser la question. Le japon est un pays qui est connu pour la règlementation stricte du riz. Le taux d'autosuffisance alimentaire est à peu près de 40%, mais seul le riz dépasse 100%, et il est de qualité supérieure en plus. D'où ce riz contaminé, qui devait être vendu sous la falsification, aurait-il pu venir?
 En fait, le Japon est obligé d'importer le riz depuis Uruguay Round, même si ce n'est aucunement nécessaire pour le marché japonais. Et les autres pays que le Japon n'ont pas le contrôle comparable à la règlementation du riz au Japon. Donc, il y a toujours une certaine quantité de "riz accidenté" (jikomaï, probablement un terme politiquement correct pour ne pas dire "contaminé"), qui est utilisée pour faire la colle ou consolider le ciment. Mais c'est quoi cette stupidité? On est forcé d'importer des tonnes de riz qui ne sont bonnes qu'à jeter pour ainsi dire?
 La falsification par Mikasa Foods est un fait, mais elle aurait pu être évitée sans la décision absurde d'Uruguay Round.

P.S. Les fabricants de colle démentent l'explication donnée par le ministère d'agriculture. Ils disent qu'ils n'ont jamais utilisé le riz pour ce produit. On peut désormais soupçonner que le ministère autorisait à Mikasa Foods et deux autres entreprises de ventre le riz contaminé tout en sachant qu'il serait revendu pour l'utilisation alimentaire. Et c'est à Monsieur Ota de prouver que sa gaffe précédente n'était pas une gaffe. Il dit qu'il n'est pas nécessaire de faire autant de bruit.

samedi 6 septembre 2008

Stratégie d'Asô

 J'ai enfin compris, je crois, la stratégie d'Asô. C'est une classique: stratégie de la division. Et elle marche infailliblement. On compte déjà sept postulants à l'élection du président du PLD. Et s'il veut qu'il y ait plusieurs candidats, c'est qu'il y a une petite chance que son adversaire au deuxième tour sera un candidat mineur. Mais il doit parier sur cette moindre possibilité s'il veut être premier ministre.
 Si Yosano ou Ishiba reste au second tour, Asô ne pourra jamais gagner. Mais si par hasard un candidat pas du tout probable comme le fils à papa Ishihara ou "Call me Madame Sushi" Koïké reste pour le second vote, même ceux qui détestent Asô sont obligés de voter pour lui!
 D'ailleurs, la chance n'est peut-être pas aussi petite que cela, car Yosano le plus crédible n'appartient à aucun clan, tandis que Koïké est membre du plus grand groupe. D'ailleurs, Yosano veut augmenter la TVA et il le dit publiquement, contrairement à ceux qui ne le disent pas tout en concevant cette idée, ce qui cause une grande impopularité.

vendredi 5 septembre 2008

Ossètes au Japon

 Je suis étonné de savoir que tous les sumotoris russes qui sont au makuuchi (première ligue) étaient des Ossètes du nord! Donc, Rohô et Hakurosan, qui sont actuellement mis en cause pour la consommation de cannabis sont aussi ossètes.
 Deux Géorgiens sont également dans le makuuchi. Je ne sais pourquoi il y a tellement de lutteurs issus de la région caucasienne. Est-ce qu'il y a une raison? Je ne dirai pas qu'ils ont peut-être fui le conflit. Mais cela me paraît un peu bizarre que quatre lutteurs russes (désormais trois, car Wakanohô a été viré) sont tous ossètes.
 Pour les journalistes japonais, le cannabis des sumotoris étrangers est un problème qui n'a rien à voir avec les conflits internationaux a priori. C'est un peu normal, car les sumotoris étrangers sont presque japonais.

jeudi 4 septembre 2008

TSA (Tout Sauf Asô)

Je ne peux dire qu'il y ait un mouvement Tout Sauf Asô au Japon, mais certains le pensent. Mais "certains", qui est-ce? Ce sont les vieux boss du Parti Libéral-Démocrate.
Fukuda Yasuo a donné sa démission après l'entretien privé avec Asô Tarô qui n'a duré que dix minutes. Je suppose qu'il n'en pouvais plus des comportements d'Asô. Plusieurs députés qui n'étaient pas au courant de la décision de Fukuda témoignent: "Quand j'ai entendu qu'il y aurait une conférence de presse à 21h30, j'ai pensé qu'il s'agissait de Monsieur Ota...", le ministre d'agriculture qui refuse de démissionner malgré le scandale, parce qu'il se sent à l'abri grâce au soutien de son ami Asô. Il est normal et logique dans le monde politique au Japon que c'est Ota qui démissionne maintenant, mais peut-être qu'Asô a refusé de l'exhorter pendant cet entretien secret avec Fukuda... On pourrait bien dire que la mission des journalistes n'est pas de donner des hypothèses, mais je me sens perplexe devant cette absence totale des mentions sur Monsieur Ota après la démission de Fukuda.
Dès la démission, Fukuda a donné la condition pour l'élection du prochain président du PLD, comme le parti qu'il a pris avec Asô. Il faut qu'il y ait quatre candidats au moins. Cela m'a fait sourire. Quatre candidats? Est-ce parce qu'Asô ne pourra gagner que 30% au plus au sein du PLD? Il n'y a pas de second vote, et si c'est les vieux boss qui agissent comme d'habitude, Asô n'a aucune chance de gagner. Sa seule chance, c'est le vote des membres du parti. S'il fait face à un seul candidat, il ne pourra jamais être le président du parti, malgré sa popularité dans le sondage.
J'ai déjà donné la raison première pourquoi Asô est détesté et détestable. C'est un raciste, et il a dit que NONAKA Hiromu ne pourrait jamais être premier ministre parce que c'était un paria (le racisme ancestral concernant une sorte de castes). En effet, il avait raison, Nonaka ne l'a jamais été, mais c'est lui qui tient les rênes du PLD tout en restant derrière la scène politique. Il est officiellement en retraite, mais il n'est pas possible qu'il laisse Asô devenir le président du PLD, qui sera automatiquement le premier ministre.
Je ne crois pas qu'Asô n'est pas conscient de tout cela. Donc, je commence à imaginer plutôt qu'il a donné la condition de quatre candidats afin de perdre l'élection tout en sauvant la face, car il l'a déjà perdue plusieurs fois. Et surtout, afin de ne pas donner l'impression que la politique intérieure du PLD n'est pas transparente aux yeux du peuple. Yosano a pris la décision d'être candidat, alors il n'y a plus d'espoir pour Asô, bien que Yosano a un grand problème de santé. J'espère que ce sera lui, parce que je suis bien TSA. D'ailleurs, Yosano est le seul parmi les quatre qui sache que les politiques n'ont pas besoin d'être drôles... Mais bon, il faut qu'on fasse attention, car enfin, la direction du parti ne peut contrôler le vote des membres. En tout cas, Fukuda a bien choisi le temps, car si par hasard monsieur la catastrophe Asô est élu, il ne pourra rester premier ministre pendant longtemps, à moins qu'il n'organise un coup d'Etat.
Je ne suis pas du tout spécialiste de la politique, je ne suis qu'un observateur bien amateur, mais je me demande pourquoi le média japonais ne cesse de répéter qu'Asô le bien-aimé du peuple sera le prochain premier ministre. Les journalistes sont incroyablement silencieux sur son racisme entre autres. Sont-ils vraiment malhonnêtes ou crétins? Ou bien veulent-ils vraiment qu'Asô soit le premier ministre?
Il est temps que le média français arrête de répéter ce que les Japonais écrivent. Les journalistes envoyés à Tokyo doivent faire leur travail, car dans l'état actuel, ils pourraient bien écrire ce qu'ils écrivent tout en restant à Paris! Mais bon, vu que la politique japonaise n'intéresse presque personne, on n'a pas besoin d'analyse... Enfin dans ce cas-là, je peux toujours dire qu'il est inutile que la presse française envoie des reporters au Japon. Hein? Sont-ils là seulement pour parler des gadgets japonais?

P.S. Je me corrige. Il n'y a pas eu de second vote depuis 1970, mais si aucun candidat n'atteint la majorité, il faut qu'on revote pour les deux meilleurs du premier vote. Donc, la chance qu'Asô gagne est le minimum (selon moi), et je dois conclure qu'il n'est vraiment pas fin pour convoiter le poste de premier ministre pour une quatrième fois malgré le peu de possibilité de se faire élire.

Question existentielle...

 Suite à l'affaire de Wakanohô qui gardait une cigarette au cannabis dans son porte-feuille, l'association du sumo a effectué un test surprise d'urine des sumotoris. Elle l'a fait pour regagner la confiance des fans, mais il y a eu deux sumotoris russes qui s'avéraient être positifs. C'est la consternation totale! (Ils s'appellent Rohô (露鵬) et Hakurozan (白露山). Ce sont des frères. Le kanji 露 (ro) veut dire la Russie dans ce cas (l'autre sens de ce signe est la rosée), et leurs noms veulent dire respectivement à peu près, "Phénix russe" et "Montagne de Russie blanche". Il y a aucune allusion aux Russes blancs pour celui-ci, mais je dois toutefois admettre qu'un nom "Montagne de Russie rouge" ne serait pas possible pour un lutteur du sport national au Japon.)
 Certains parlent de l'infraction des droits de l'homme concernant ce test. D'ailleurs, il n'est que simplifié, il peut bien détecter d'autres choses que la trace de cannabis, mais on assiste déjà au lynchage médiatique.
 C'est une émission d'NHK qui m'a fait froid au dos. Elle analysait cette affaire, mais un commentaire du journaliste présentateur m'a profondément choqué. "Dès que les étrangers ont choisi de vivre au Japon, ils ne doivent pas dire ce qu'ils pensent ni faire ce qu'ils veulent. Il faut qu'ils vivent comme les Japonais." Pourtant, ce n'est pas une émission réservée aux nationalistes, NHK est une chaîne nationale, mais pas nationaliste, et le journaliste d'NHK est censé être neutre.
 Je continue à me poser la question depuis longtemps "Mais que font les prud'hommes japonais?", car ils ne donnent jamais aucun avertissement aux entreprises dont les employés souffrent des heures supplémentaires excessives. Du moins n'en ai-je jamais entendu parler, bien qu'on connaisse bein leurs souffrances. Voilà la vérité. Ils ne font pas ce qu'ils veulent faire, ils n'osent pas dire ce qu'ils pensent, et ils adoptent cette façon de penser comme la seule façon de vivre possible au Japon. On ne peut dire qu'il n'y ait pas de mécontentement, mais en tout cas, il n'y a généralement pas un signe de travail forcé, vu que ce n'est qu'une servitude tout à fait volontaire...
 D'ailleurs, je savais bien que la franchise n'était pas une vertu au Japon. Déjà, j'ai beaucoup de mal à communiquer avec mes compatriotes à cause de ma franchise pourtant non excessive, mais je ne savais pas que je n'étais pas japonais! En effet, pas mal d'amis japonais me critiquaient souvent en disant "Tu dis ce que tu penses, mais c'est pas comme ça qu'il faut vivre!". Je n'en tenais pas compte, je ne m'en rendais pas compte, car je ne suis pas aussi franc qu'ils s'imaginaient en tout cas, mais c'était bien une règle d'or non écrite au Japon! Je comprends maintenant pourquoi ils étaient aussi énervés à mon égard! Alors, comment j'ai pu vivre sans le réaliser jusqu'à aujourd'hui! J'ai vécu au Japon pendant trente ans tout de même! Chapeau à moi-même! Ce que j'ai été bête d'avoir eu la fantaisie de retourner à mon pays natal! Du coup, je me trouve vraiment crétin. (Ne vous inquiétez pas, j'exagère un peu...)
 Une fois que tu choisis de vivre COMME LES AUTRES, le Japon te paraît une société saine. Il EST bien une société saine peut-être. C'est moi qui manque d'intelligence, parce que je ne comprends toujours pas ce que peuvent être LES AUTRES. Vous direz peut-être, c'est un peu pareil partout ailleurs, mais je parie que vous n'entendez jamais ce propos à la télé de la chaîne nationale: "Faire ce qu'on veut faire n'est pas notre façon de vivre, différemment des étrangers individualistes". Certains d'entre vous diraient "Que c'est chouette de vivre dans une telle société!". Mouais, c'est chouette pour certains, même pour la plupart, mais franchement, moi, j'ai du mal.

vendredi 29 août 2008

Fan d'Auschwitz (poème d'ITOH Hiromi)

Fan d’Auschwitz

Là
Étaient entassés
Préjugés généraux des Européens
Agressivité générale des Européens
Sentiment menacé des Européens généraux
Sensations et moyens de vie généraux
Sous la forme des tas de cheveux ou de chaussures
La couleur était ternie dans la vitrine
Comme ils sont conservés à température et humidité appropriées
La matière ne s’altère pas même si l’apparence change de couleur
C’est une généralité
Jamais particulière
Préjugés traditionnels des Européens
Agressivité traditionnelle des Européens
Sentiment menacé des Européens traditionnels
J’ai vu l’entassement
Comme si je regardais une œuvre
C’est une
Œuvre dont
Les innombrables parties
S’accumulent les unes après les autres
Et se réunissent
Très obscènes
Grotesques
Que la culture européenne a créées
J’ai vu l’entassement
Comme si je regardais un tableau

Une face de chambre est faite de vitrine, où sont entassés les cheveux. Ce sont des amas dont l’arrière est haut et l’avant est bas. Un ami qui m’accompagnait se demanda si le support était oblique. Ces innombrables cheveux étaient de petits tas ronds et rebondis pour chaque personne, certains étaient tressés, et ces tas ronds et rebondis d’innombrables cheveux avaient tous la même couleur brunâtre. Ont-ils rassemblé les objets de la même couleur ou ont-ils terni d’une même façon ? L’étoffe tissée par les cheveux avait l’air du chanvre banal. Les franges des côtés étaient de cheveux.
En regardant les prothèses de jambe entassées, je pensai que la direction du musée exposerait mains et jambes conservées, si les nazis avaient senti le besoin de les garder.
Les chaussures sont entassées à travers deux salles. Les nom et prénom sont inscrits à chaque chaussure. Le nom évoque l’individu. Comme on peut distinguer plus clairement l’un avec l’autre que prothèses de jambe, chaussure et cheveux, il y a moins d’obscénité.

Brosses à cheveux, brosses à dents
Cuvettes, pichets
Plus près du corps
Moins je ne peux m’affronter
Je veux voir
L’obscénité augmente
Les objets corporels de chaque individu
S’assemblent
En quantité innombrable
Ces objets corporels rassemblés
Sont d’une obscénité immense
Besoin général de l’être humain, plaisir
Et objets corporels rassemblés sont devant mes yeux
Je les fixe
Ils ne sont pas dissimulés
Les choses que les nazis ont recueillies avec une intention
Sont entassées
Et montrées
Il me semble
Qu’un crime non dissimulé n’est pas un crime
Au moment de la fin de guerre
Les tierces personnes (Européens) ont jugés les criminels (Européens)
Saisis et entassés
Cheveux, prothèses de jambe, chaussures, sacs
Que ceux-ci a recueillis et disposés avec une intention
Les objets dont les propriétaires ont changé l’un après l’autre et puis disparu
Entassés
Expriment
Ainsi
Le grotesque des criminels
Ainsi
Le grotesque des tierces personnes

Parmi tous les bâtiments, les pavillons 4, 5, 6, 7 et 11 sont ouverts et exposés au public. Il y a des photos sur les murs du couloir ni clair ni chaud qui va de l’entrée jusqu’au fond de ces pavillons 5, 6 et 7. Le visage qui regarde en face, rasé et sans chapeau, est dans le cadre de la taille d’à peu près A5, nom et prénom, date de naissance, profession, dates d’entrée et du décès sont inscrits à la main en bas. Lorsqu’on entre au pavillon 6, sortant du pavillon 5, il y a encore des photos sur les murs. Il y en a encore au pavillon 7. Le nombre est énorme. La collection dans la salle est d’une série de photos de face, de profil, et de trois quarts. Seule la photo de trois quarts est avec la casquette pour les garçons, et l’écharpe pour les filles, ce qui nous permet d’identifier le sexe. On aperçoit un grand clou pour soutenir la tête rasée sur le profil. Je choisis les personnes au beau visage, et je lis nom et prénom, profession, pour connaître les individus. Je fais la soustraction pour mesurer le temps entre l’entrée au camp et la mort de la personne. Il y a des gens qui n’ont vécu que quinze jours. Il arrive que je me dise que la personne a vécu non moins de huit mois. Les exemples innombrables me lassent de lire chaque donnée. Je les ai lues relativement avec soin au pavillon 5, mais je n’ai fait que parcourir le tout aux pavillons 6 et 7.

Le brouillard apparut le 5 mars, et la vue blanchoya. Il n’y eut presque plus de neige. Le vent fort souffla. La plupart des champs cultivés légèrement mouvementés était morts, mais la verdeur occupait quelques pour cent.

Il plut le 6 mars, les environs se transformèrent en marécage. L’eau de neige et de pluie restaient dans les creux du champ et aux côtés de la route. Des tas de pailles et des herbes mortes étaient trempés dans une sorte d’étang.

Replika de Jozef Szajna fut représenté dans un endroit réduit à la structure d’un gymnase. Le centre est la scène, et l’amphithéâtre l’entoure. Des tas de papiers journaux et de chiffons sur le sable étendu. Des poupées délabrées sont dressées dans les alentours. D’abord, les prisonniers sortent rampants des papiers journaux et des chiffons, grouillent en gémissant, tripotent les poupées. Un homme quinquagénaire apparaît avec une tenue qui met son corps en relief. Son mouvement puissant. Il traîne le tissu sur lequel sont imprimées les séries de photos, de face, de profil, et de trois quarts. Il lance des objets fumeux dans la tribune, il tire les poupées en bas, il éparpille les photos déchirées comme confettis aux spectateur en hurlant. J’en ai ramassé une pour y trouver le visage d’un prisonnier qui regardait en face. Aucun mot polonais n’est prononcé. Je crois que la fumée, le sable, les photos éparpillées et les prisonnier dénoncent, bien sûr. Mais l’intérêt de Shajna, l’émotion de Shajna, est dans les membres déchirés, les corps entassés, la chambre à gaz. Moi, je le vois, et je suis ému par ce fait.

Je vois les différences selon les individus sur les photos jetées
Je vois le quotidien, la douleur, et l’espoir des individus
Mais les photos dispersées les unes après les autres
Remplissant la tribune avec leur grand nombre
Ecrasent les individualités
Par leur cumul
J’y suis allée pour voir les objets entassés
En Pologne, on ne dit pas Auschwitz mais
Oświęcim
Je vais en bus pour Oświęcim
Le bus s’arrête aussi devant le musée hors de la ville d’Oświęcim
Les objets qui y sont exposés sont
Ce que les nazis ont recueilli parce qu’ils le voulaient
Ce que les tierces personnes ont exposé parce qu’elles le voulaient

Poème publié en 1985, traduit de japonais par moi.

J'ai déjà traduit deux poèmes "sexuels" de cette poétesse qui excellait à la provocation. Ce poème dont le titre est déjà un scandale a été écrit à la même période. Mais il n'est nullement moqueur ni antisémite. Elle dit que le musée d'Auschwitz est obscène, parce qu'il annihile les individualités des morts, et y oppose sa curiosité de femme d'une façon autodérisoire.

Chanteuses japonaises

 Pendant mon séjour en France, j'idéalisais un peu dans ma tête l'image de TOGAWA Jun, chanteuse actrice qui a créé le type des filles japonaises style New Wave. C'est pratiquement depuis mon retour au Japon que j'ai commencé à surfer sur Internet, et j'ai été choqué par le kitch de des chansons de cette chanteuse des années 80 sur YouTube. L'exception est le duo excellent Guernica (Officiellement le trio, car le parolier faisait partie du groupe tout comme King Crimson.) Malgré toutes les différences, elle est une sorte de Catherine Ringer japonaise comme statut. Je ne sais trop comment cette fille excentrique a pu se faire connaître au Japon. Les années 80, c'était un peu différent. Elle est un peu le fantasme de ma génération. Curieusement, c'est sa soeur cadette, également chanteuse actrice, dont on disait souvent "C'est la soeur de Togawa Jun, mais elle est normale!" qui s'est suicidée, mais pas cette fille qui a l'air d'être tout le temps sur le point de craquer. Elle vient de sortir un best of. Elle ne s'est pas calmée.
 Le pianiste UENO Kôji fait la musique de cinéma actuellement. Il est beaucoup plus doué que Joe Hisaïshi, mais il se contente d'être un génie incompris.











 PHEW est une chanteuse qui n'est pas connue au public, mais elle chante depuis trente ans. Son groupe Aunt Sally partageait la même ambiance post-punk avec Joy Division à l'envers de la terre.






 Son premier single en solo en 1980.





Malheureusement, je ne peux trouver ses chansons plus récentes avec image sur YouTube. Elle ne s'est pas calmée non plus.

 KOJIMA Mayumi a commencé en 1996. J'adore cette chanteuse, mais je ne trouve pas grand'chose sur la Toile. Je ne sais pourquoi elle n'a jamais eu de succès commercial.






 Je ne connais pas la nouvelle génération, mais j'aime bien cette chanteuse KOIKE Mitsuko du groupe Beautiful Humming Bird. Ici, le groupe World Standard qui l'accompage n'est pas du tout de la nouvelle génération. Elle est un peu trop jeune fille modèle à mon goût.






 Peut-être qu'aiko est actuellement la meilleure chanteuse des variétés commerciales qui se vendent beaucoup. Ah non, je ne suis pas tellement ironique que ça... D'ailleurs, ce n'est pas comme certains chanteurs et chanteuse des variétés françaises qui se limitent à deux ou trois accords ;-p Il y a bien une différence évidente entre Kojima Mayumi et elle, et c'est probablement ce qui fait vendre.





mercredi 27 août 2008

Solidarité des connards

 ÔTA Seiichi est l'actuel ministre d'agriculture. Il a fait une fausse déclaration, en faisant du logement de son secrétaire son bureau d'élections. Il a déclaré 10 millions de yens (environ 60,000 euros) pour la gestion pour un an, bien qu'il ne coûtait rien. Pourtant, il affirme que tout était correct.
 Ôta est le roi des gaffes. Il était déjà dans un mini scandale depuis sa nomination récente. Dans une émission télé, il a dit qu'il fallait bien surveiller le contrôle de la sécurité des alimentations, parce que les consommateurs japonais font toujours du tapage (yakamashii). Les associations des consommateurs ne sont pas du tout contentes bien sûr. Elles lui ont demandé une excuse, mais il ne l'a pas faite. Le secrétaire général du PLD, Asô le raciste est venu au secours. Ils sont de la même région, et ce sont de bons amis. Asô le mangamania dit: "Dans notre région, le mot yakamashii veut dire "connaisseur", donc le ministre voulait dire que les consommateurs japonais sont connaisseurs." Ce n'est bien sûr qu'un sophisme, et des linguistes affirment que ce mot ne voulait pas dire "connaisseur" dans le contexte.
 La gaffe d'Ôta la plus connue et complètement inadmissible et consternante est celle-ci. Il y a cinq ans, le média parlait beaucoup d'une affaire de la "tournante" des étudiants de l'Université Waséda, université privilégiée au Japon. Ôta a dit dans un débat qui avait lieu dans une école maternelle: "Le viol collectif est encore passable, car ces jeunes ont l'énergie pour cela au moins". Il faisait ainsi allusion aux jeunes actuels qui ont l'air inertes à ses yeux. Ces mots ont fait éclater de rire l'ancien premier ministre Mori qui était là, et la réunion a fini dans une ambiance bon enfant comme cela convenait à l'école maternelle. (C'est ce qu'on rapporte...) D'ailleurs, Mori a fait la gaffe du siècle quand il était le premier ministre : "Le Japon est le pays des dieux dont le centre est l'empereur." Il reste l'homme le plus influent du monde politique malgré tout. Ôta qui a perdu son siège au Parlement en 2003 l'a repris dans deux ans. L'amnésie collective des Japonais est tout à fait efficace. La politique est faite de 90 pour cent d'inepties et 10 pour cent d'inerties au Japon.
On peut mettre de côté la populace oublieuse qui est la gage de la démocratie japonaise. (Je suis désolé de le dire...) Mais pourquoi le premier ministre actuel Fukuda a-t-il nommé Ôta ministre? Fukuda impopulaire voulait qu'Asô le populiste populaire accepte le poste du secrétaire général du parti. Et une rumeur dit que le poste de ministre pour son meilleur ami Ôta était la condition qu'Asô a obligée.
Si Ôta a l'air bien tranquille maintenant face à un scandale qui mènerait forcément à sa démission, c'est probablement grâce au soutien de Monsieur Asô. D'ailleurs, il y a eu quatre ministres d'agriculture en moins d'un an, tous chassés du poste à cause du même problème, dont un a préféré se suicider plutôt que de démissionner. Mais Ôta a bien tort de surestimer l'amitié avec ce fourbe, à mon avis. Il n'est pas conscient de ce que son ami lui a confié le poste maudit. Ce n'est pas une malédition surnaturelle. J'ai une hypothèse concernant la raison pour laquelle le ministre d'agriculture est systématiquement mis en cause par le média depuis quelques temps, mais je ne la dirai pas maintenant.
Et pendant ce temps-là, on dit qu'OZAWA Ichirô le clown sera le chef du plus grand parti d'opposition Parti Démocratique du Japon, trois fois consécutives sans élection.

mardi 26 août 2008

Musique du bon vieux underground japonais






HAÏNO Keiji est un chanteur guitariste phare de la scène underground depuis les années 1970. Il a joué avec pas mal de musiciens étrangers.






Là, il chante, accompagné de YAMAJI Kazuhidé.






Chanteur folk d'Aomori, MIKAMI Kan. Il continue depuis le début des années 1970. Il accompagne la récitation de TAKAGI Kyôzô.






La chanson la plus connue de Mikami, qui est une reprise d'un tube avec sa parole originale. NHK a censuré le passage qui parlait de la masturbation et celui où il traitait d'ISHIHARA Shintarô, le gouverneur actuel de Tôkyô de voyou (la chanson est des années 1970). Mais pourquoi ne nous laisse-t-on pas nous concentrer à la chanson sans interruption?






(La musique est de 1:28 à 4:31.)
Totsuzen Danball, alias les frères Tsutaki, le groupe japonais que je scrobble le plus souvent sur Last.fm a fait une apparition surprise dans une émission consacrée aux musiciens amateurs au début 1990 (une émission d'audition). Le présentateur dit à la fin du morceau qu'il y avait des téléspectateurs qui appelaient que c'était un groupe professionnel (c'était en direct), mais Tsutaki Eiichi, le percussionniste, a répondu qu'ils n'étaient pas tellement pro, car ils n'ont jamais beaucoup gagné. Ils ont commencé en 1977 (premier disque en 1980). Ils ont enregistré des albums avec le saxophoniste Lol Coxhill ou le guitariste Fred Frith.






Totsuzen Danball en 1981.






Le batteur Eiichi est mort de crise cardiaque, mais son frère guitariste Shunji continue tout seul. J'adore la choré.






Friction est un autre groupe qui représentait la scène new wave de Tokyo fin 1970 avec Totsuzen Danball. C'est un très bon groupe, mais ils n'ont sorti que trois ou quatre albums depuis trente ans. Le bassiste chanteur Reck (Friction, c'est lui) faisait momentamément partie de Teen Age Jesus and Jerks de Lydia Lunch et James Chance and the Contorsions avant de former Friction.






Un autre morceau de Friction. L'enregistrement de ces deux clips est récent.

vendredi 22 août 2008

Nobody knows...

 Trois petits enfants furent abandonnés dans la ville de Sangô (Saïtama, dans les banlieues de Tôkyô), dont un mourut et sa soeur jumelle fut hospitalisée au mois de mars. La première audience a eu lieu le 20 au tribunal régional de Saïtama, et leur mère, accusée de l'homicide involontaire par l'abandon, a reconnu le fait dans la grande ligne. Tandis que le procureur remarque qu'elle voulait fuire la responsabilité pour vivre avec son ami, la défense prétend que le motif était complexe dans la situation qui provoquerait l'abandon.
  "L'accusée a commencé de sortir avec un employé du bistro de près de chez elle, en l'absence du père des jumeaux, envoyé loin de la famille travailler à Nagoya par sa compagnie", dit le procureur, "Elle s'est mise à concevoir l'idée de vivre avec son nouvel ami dans l'appartement qu'elle a loué près de chez elle. Elle a laissé le mot à son fils aîné: Maman ne reviendra plus. Je te confie les jumeaux. Si vous avez faim, appelle-moi. Et elle a déménagé en laissant les enfants tous seuls."
  Il continue: "Le fils aîné qui avait six ans l'a appelée à l'aide des dizaines de fois par téléphone en disant 'Les jumeaux pleurent', mais l'accusée allait seulement une ou deux fois par jour pour lui passer chez ses grand-parents où ses enfants sont hébergés des hamburgeurs et du pain qu'elle a achetés, et elle ne changeait même pas les couches. Elle a continué à refuser de voir les assistantes sociales pour enfants, et dit qu'elle voulait être une femme libérée parce qu'elle ne faisait qu'élever les enfants depuis quelques années."
 D'autre part, l'avocat de la défense affirme qu'elle vivait dans la situation qui provoquerait facilement l'abandon des enfants, vu que l'enfant mort pleurait fort dans la nuit et que sa mère ne la soutenait pas. "Elle a cherché le calme d'esprit chez un homme avec qui elle venait de commencer à sortir, et cela a aggravé l'abandon des enfants", dit-il.
  Selon l'acte d'accusation, l'accusée a abandonné ses trois enfants dans la chambre qu'elle louait au deuxième étage de chez ses grands-parents, pour vivre avec le garçon. On pense qu'elle a laissé mourir le fils cadet par déshydratation et sous-nutrition le 12 et hospitaliser la fille par deshydratation pour dix jours.
 L'accusée entra dans la cour en pull gris, ses longs cheveux en queue de cheval. Elle répondit aux questions du juge à petite voix, à l'air inquiet et aux yeux baissés, mais ne put s'empêcher de retenir ses larmes, lorsque le procureur lut la déposition de son fils aîné.
 "J'adore le ragoût et le curry de maman", aurait-il dit. Lorsque le procureur lui a demandé l'impression au moment du départ de sa mère, il a répondu: "Je n'en pouvais pas. J'étais seul. Je lui ai téléphoné plusieurs fois, mais elle n'a pas répondu."
 Les jours où maman ne leur donnait que du pain, des hamburgers, des gâteaux qu'elle avait achetés, dans la chambre où les ordurent s'éparpillaient. "J'allais manger le plat qui restait, mais il était pourri. On n'a même pas de frigo." Il a voulu faire rire les jumeaux qui avaient deux ans en faisant tout ce qu'il pouvait, mais son frère pleurait tout le temps même si sa soeur a ri.
  L'accusée a donné une claque à son fils quand elle a su la mort du jumeau, en criant "Tu es viré!". Nonobstant, il a défendu sa mère en disant: "Tout est de ma faute. Elle m'a demandé de m'occuper d'eux, mais je ne leur ai pas donné de gâteaux."

 C'est un article d'Asahi Shinbun. Son style journal à scandal m'énerve, mais bon, c'est le (soi-disant) meilleur quotidien au Japon. Il a la réputation d'être un journal de "gauche" (ça me fait rire), mais il veut que les femmes adultes soient de "bonnes mamans" traditionnelles. Je ne défends pas du tout cette femme, mais je ne sais pas pourquoi on doit souligner le fait qu'elle n'a pas changé les couches et qu'elle n'a pas préparé à manger mais qu'elle a donné à ses enfants les aliments achetés. L'expression qu'on utilise dans cet article est à peu près "hamburgers et pain déjà faits", ce qui veut dire que ce n'est pas elle qui les a préparés, avec une mauvaise nuance, voire péjorative. Je l'ai traduite par les mots "qu'elle a achetés", car le tour "les hamburgers qu'elle n'a pas préparés elle-même" me paraît bizarre, alors que c'est bien ce qui est dit en réalité.
 Quand au film "Nobody knows", nobody saw ce film au Japon, pourtant un des meilleurs films japonais de la décennie. J'ai cité cet article tout simplement parce que j'ai été frappé par la ressemblance de cette histoire avec le film, qui était déjà fondé sur un autre fait divers.

mercredi 20 août 2008

Campagne des civilités de Tokyo Metro


Avril: Partagez le siège avec les autres. D'accord, mais pourquoi dites-vous que je devrais occuper toute la place chez moi? Why should I do it in my house?

Mai: Abstenez-vous de faire le maquillage dans le train. Mais pourquoi ça vous dérange tant que ça? Vous pouvez le leur dire directement sans faire ce poster, si ça vous choque tellement, non?

Juin: Coupez la sonnerie de votre portable et abstenez-vous de téléphoner. Mais pourquoi devrais-je utiliser mon portable chez moi?

Juillet: Faites attention au bruit qui s'échappe de vos oreillettes dans le train. D'accord, mais j'écoute la musique aux haut-parleurs chez moi.

Août: Faites le plongeon à la plage. D'accord, mais toute la campagne était pour cette chute???

Je me demande pourquoi le message principal n'est pas "Pensez aux autres", mais "Faites-le chez vous". D'où vient ce ton je-m'en-foutiste? On parle ces jours-ci des individus qui tuent ou blessent indifféremment les passants, dans le désespoir qui les mènerait au suicide. Il y a pas mal de gens, même des journalistes qui disent publiquement "Mourez tous seuls sans impliquer les autres". Mais pourquoi ce ton cynique de la bouche des bien-pensants? Car ce sont bien des gens qui se veulent modérés au Japon, critiquant les fanatiques de la peine de mort (sans oser prendre la position radicale). Je ne comprends pas.

Sumotori russe arrêté pour la possession d'un seul joint


Wakanohô, qui était le jeune espoir du sumo jusqu'hier, a été arrêté par la police de Tôkyô pour la possession d'une seule cigarette de canabis. Il a perdu son porte-feuille dans la rue de Tôkyô, et une gentille dame l'a apporté à la police. Il y avait dans cet objet retrouvé sa carte de résident étranger, mais également cette fameuse cigarette. Wakanohô, un jeune Russe de 20 ans, avait déposé la déclaration aux objets perdus. Le média japonais qualifie ce dépôt d'un acte osé sans vergogne, mais je suis sûr qu'il ne croyait pas être arrêté pour un seul joint, même s'il s'attendait à une réprimande sévère au plus. En plus, la police n'a rien trouvé à part d'une pipe chez lui. Le Russe affirme qu'il a eu la cigarette d'un ami dans une boîte de nuit. Pourquoi vouloir croire le contraire? Il avait peut-être oublié qu'il y avait un objet interdit dans son porte-feuille...
Mais maintenant c'est le tollé général. Le ministre de la culture dit "Je ne regrette même plus, c'est la consternation extrême." Bien sûr qu'il n'y a plus d'avenir pour ce sumotori, et on parle même du licenciement de son oyakata (maître, c-à-d son coach), qui est d'Aomori. D'un coup, l'espoir du sumô devient un voyou de mafia russe...
En tout cas, le civisme japonais est toujours impeccable.

P.S. Il reconnaît avoir fumé le joint plusieurs fois toujours au commissariat, mais en tout cas, il n'en a jamais vendu, ni cultivé apparemment.

samedi 16 août 2008

Le média japonais ne fait qu'attiser le racisme anti-chinois

 Au Japon, les actualités de MSN sont fournies par le journal d'extrême-droite, Sankei Shinbun. Un journaliste de ce quotidien a comparé les infos sur les JO de toutes les chaînes télé. Sa conclusion est que la chaîne nationale NHK était la pire, car elle a laissé passer les images de la propagande du parti communiste chinois sans la critiquer, et qu'elle n'a rien dit sur la Corée du nord. Selon lui, "c'est une attitude journalistique comme une chimère".
 Alors là, la NHK fait-elle son devoir de la chaîne nationale qui ne fait pas honte? Mais non, elle n'est pas différente des autres à mon avis. Tous les présentateurs disent que les Chinois sont hostiles envers les Japonais qui sont "away" là-bas ("away" veut dire "visiteurs", mais la nuance est moins amicale), et ils sont complètement sourds aux acclamations des Chinois pour les Japonais je ne sais pourquoi. Tout normalement, les Chinois sont pour les Japonais quand ils jouent le match contre un pays occidental ou ailleurs, mais toutes les chaînes télé passent sous silence cette évidence. Très curieux. Si le public hue contre un arbitrage défavorable aux Japonais, c'est les non Chinois qui crient à l'injustice pour nos compatriotes. (Je ne comprends pas trop pourquoi ils aiment utiliser ce mot "away" pour les JO de Pékin. Ce sont des JO internationaux qui passent en Chine comme par hasard, non? Les Japonais ne sont pas là pour battre les Chinois. Je ne le comprends pas, donc je ne suis pas un bon Japonais, probablement pour eux. Ce que je trouve vraiment grave, c'est que ces gens ne se posent aucune question pour l'emploi de ce mot.)
  Le problème est qu'il n'y a aucune organisation de surveillance comme le CSA au Japon. Donc le média se plaît et se complaît dans le populisme extrême qui est la seule bonne attitude pour les sponsors. Ce n'est guère mieux pour les imprimés. La situation de la pensée unique, voire totalitaire, est très sérieuse au Japon. Je peux tomber tout le temps sur les sites Internet de tendance libérale des Etats-Unis, et je sais qu'il y a des mouvements subversifs en Chine. Mais il n'y a rien au Japon, à ce pays des moutons (ou des fourmis, si j'emprunte l'expression de je ne sais plus comment elle s'appelle, euh... Madame Cresson).
 Je peux bien essayer de comprendre la logique des soi-disant journalistes (ils réclament être les seuls vrais au Japon). Je voudrais bien. Si le média pense que le ton anti-chinois plaît au peuple, il se veut anti-chinois. Bon, d'accord. Mais il y a une difficulté évidente dans cette logique. J'ai dit "si le média pense que...". Donc c'est le média qui pense. Alors, comment pense-t-il? D'où lui vient-il cette idée saugrenue?

 Une anecdote drôle. Le gouverneur de Tôkyô, ISHIHARA Shintarô, le modèle du populisme d'extrême-droite est aussi un romancier. J'écrirais volontiers "il prétend être romancier", mais malheureusement il fait parti du jury du prix d'Akutagawa, considéré comme le meilleur prix littéraire au Japon (ouais, c'est du n'importe quoi, mais c'est ça, le Japon actuel...). L'année dernière, il a lancé devant la caméra de télé "As-tu lu Le Tambour de Gunther Sachs?". Je ne savais pas que c'était l'ex de Brigitte Bardot qui a écrit ce roman... Et cette fois-ci, il a fait un commentaire sur l'interview de KITAJIMA Kôsuké, le nageur de brasse qui a eu deux médailles d'or. "Le reporteur qui lui assène des questions stupides juste après la course est nul. Kitajima a fait semblant d'essuyer son visage avec la serviette, car il ne voulait pas montrer ses larmes à un tel individu. Cette scène était belle et émouvante. Ce n'est pas le logos, mais l'éros. Cette émotion est propre aux sports." Mais Shin-chan, le contraire du logos n'est pas l'éros, mais le pathos...

vendredi 15 août 2008

Nouveau ministre de la justice

 Mais qu'est-ce que le nouveau ministre de la justice YASUOKA Ohikaru a dit sur la peine de mort en réalité? Il la soutient, c'est tout? Mais non, ce n'est pas aussi simple, et son propros étrange montre bien une problématique des Japonais modernes.
 Voici ce qu'il a dit: "La perpétuité réelle est une peine cruelle sans espoir, qui ne convient pas à la culture japonaise. Il n'est pas possible d'établir la peine qui demanderait de continuer seulement à marcher dans un tunnel sombre. Elle n'est pas générale dans le monde. L'essence du Japon est la civilisation de la honte et beaucoup de Japonais soutiennent l'expiation courageuse du crime par la mort."
 J'avoue qu'il est très difficile de le comprendre. Selon Monsieur Yasuoka, la peine capitale est moins cruelle que la perpétuité réelle, et il y a même l'espoir dans la pendaison. Mais bon, c'est ce qu'il pense. Mais qu'est-ce que cette "civilisation de la honte"?
 Certains d'entre vous ont probablement lu Le Chrysanthème et le sabre de l'anthropologue américaine Ruth Benedict, et cette notion de la civilisation de la honte (à l'opposé de la civilisation de la culpabilité à l'Occident) est connue au Japon comme la thèse de cette Américaine qui était conseillère de l'armée américaine pour l'occupation du Japon. Mais comment? L'essence de la civilisation a été définie par une Yankee? C'est bien ça, ce que vous voulez dire, Monsieur Yasuoka? Et vous n'êtes pas du tout conscient du ridicule...
 Mais bon, il n'est peut-être pas du tout conscient du problème. Et alors, quant à l'expression "l'expiation courageuse"? D'accord, d'accord, vous voulez rétablir le harakiri, c'est ça? Car je suis obligé de vous demander: Où est le courage de l'exécuté dans la pendaison?
 C'est absurde, c'est complètement nul. Malgré tout, ce qui m'intéresse, c'est ce nationalisme renversé. Ces nationalistes définissent très très souvent leur nationalisme par le biais des yeux des Occidentaux. Le beau Japon, c'est Fujiyama Geisha pour eux. D'où vient cette incapacité de redéfinir leur nation par leurs propres mots? Ils sont seulement doués pour la caricature du Japon. D'un coup, je me sens beaucoup plus patriote que ces nationalistes de merde qui ne cessent de faire du Japon un pays de la honte.